« Pour la première fois, je vois la lueur au bout du tunnel. Les négociations sont enfin ouvertes avec le gouvernement pour un règlement global des pertes de recettes des transports franciliens. » Valérie Pécresse, présidente de la région et d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), est sortie rassurée de son entretien ce mardi matin avec la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, et de son homologue délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari.
Valérie Pécresse réclame à cor et à cri depuis plusieurs semaines un soutien de l’Etat pour les transports franciliens, touchés par la crise du Covid-19. Les pertes annuelles (perte de recettes voyageurs et des taxes payées par les entreprises) sont évaluées à 2,6 milliards d’euros par IDFM. Faute de soutien financier, IDFM ne paye plus ni la RATP ni la SNCF depuis le 8 juillet. Trains, métros et RER roulent encore cet été sur les économies des deux entreprises, mais plus avec l’argent public des Franciliens via IDFM.
Les députés ont bien voté une aide exceptionnelle de 425 millions d’euros, portée ce mardi à 605 millions d’euros dans le projet de loi de finances rectificatif. Encore insuffisant, indique-t-on à IDFM, mais l’entrevue avec les ministres dans la matinée permet à l’autorité organisatrice des transports d’espérer plus.
« Pour la première fois le gouvernement reconnaît que nous avons perdu 2,6 milliards d’euros de recettes avec la crise Covid et qu’il faut un plan de soutien à la hauteur de ces pertes de recettes », a précisé Valérie Pécresse, qui espère que les négociations avanceront vite.
Nouveau rendez-vous la semaine prochaine
« Nous devons nous revoir très rapidement, dès la semaine prochaine. La ministre a un mandat du Premier ministre pour trouver une solution globale au problème des transports en Ile-de-France », a-t-elle indiqué.
Valérie Pécresse reconnaît pour la première fois un changement de ton dans le dialogue avec le nouveau gouvernement. « J’attends encore de voir. Il y a les déclarations d’amour et les preuves d’amour. Mais pour la première fois, aujourd’hui, la porte est ouverte. La main du gouvernement est enfin tendue. Nous allons la saisir en espérant trouver un terrain d’entente », indique-t-elle.
Négociation globale
La réunion a aussi permis d’aborder la question des 80 projets suspendus par la SNCF en Ile-de-France en raison de cette crise, comme nous l’avons révélé ce lundi. « J’ai demandé à la ministre qu’en contrepartie de l’ouverture de ces négociations, l’Etat actionnaire empêche la SNCF de suspendre ces projets en Ile-de-France. »
Une négociation globale, car les sujets sont nombreux pour les transports en commun franciliens. « Il y a évidemment les pertes des recettes, qui sont considérables, mais aussi des investissements futurs, les nouvelles lignes que nous allons financer ensemble, rappelle Valérie Pécresse. Et puis il y a la crise Covid qui n’est pas derrière nous. Il faut savoir comment on fait fonctionner les transports à l’automne. »
