Revoilà la canicule. Quand le thermomètre dépasse largement les 30°C, le risque de dysfonctionnements, de pannes et de ralentissements est accru. Et les chaleurs extrêmes se prolongent, tout le réseau ferroviaire fait l’objet d’une vigilance particulière.
Pour limiter les problèmes, la RATP et la SNCF mettent en oeuvre toute une série de vérifications pendant les mois précédant l’arrivée de l’été. La climatisation est révisée. Les systèmes de réfrigération, les compresseurs et les filtres sont contrôlés et nettoyés. Des stocks de pièces de rechange sont reconstitués pour intervenir au plus vite. Et les anomalies relevées sur la voie ferrée sont traitées avant le mois de juillet.
Les rails sous haute surveillance. Les rails, composés à 95 % d’acier, sont très sensibles aux variations de températures. Si l’air atteint 37° au soleil, on enregistre 55° sur le rail, ce qui engendre une « dilatation contrariée » de la voie ferrée. Le rail, fixé à des attaches et posé sur du ballast pour le stabiliser, peut subir des déformations importantes, potentiellement dangereuses pour la circulation des trains.
Dès que la température du rail atteint 45°, une surveillance particulière est mise en place. Un morceau de rail témoin avec un thermomètre glissé à l’intérieur est contrôlé régulièrement. Si jamais un tronçon semble déformé ou instable, la vitesse des trains peut être réduite, engendrant quelques minutes de retard. « En Ile-de-France, cela peut arriver de façon très ponctuelle, sur des secteurs récemment en travaux », explique-t-on chez SNCF Transilien. En revanche, côté RATP, la réduction de la vitesse des RER et métros n’a jamais été provoquée par un épisode de chaleur.
Les caténaires, autre point sensible. Les caténaires, ce sont ces câbles suspendus au-dessus des voies qui servent à alimenter les trains en électricité. Pour éviter tout risque, elles doivent rester rectilignes. Mais quand il fait chaud, la caténaire se détend au maximum et peut toucher le toit du train. Les agents inspectent donc ces équipements de très près et veillent à ce que le système de poids et poulies maintienne une tension suffisante. Si le câble est trop distendu, les trains, là aussi, sont ralentis.
L’électronique, attention fragile. L’électronique est aussi vulnérable lors des canicules. Au-delà de 65°C à l’intérieur des boîtiers, des bugs en cascade peuvent survenir. Les cheminots veillent donc au bon fonctionnement des ventilateurs et des armoires électroniques, dont dépend aussi la signalisation.
Les personnels protégés. Quand il fait très chaud, les agents qui travaillent dans les transports sont exposés à des conditions difficiles. A la RATP, les chauffeurs de bus ont désormais le droit de porter des bermudas. Le temps de pause est garanti, quel que soit le trafic. Pour certaines tâches de maintenance, des horaires adaptés sont mis en place pour éviter les heures les plus chaudes.
