Doris, défenestrée à Colmar : l’ex-compagnon mis en examen pour «homicide volontaire» et écroué

Jeudi soir, l’énième dispute entre Doris Voinson et Thomas F., a conclu des années de violences conjugales subies par la quadragénaire. Ce samedi, l’ex-compagnon de la victime, défenestrée du 8e étage de sa résidente de la Tour du Stade à Colmar (Haut-Rhin), a été mis en examen pour « homicide volontaire » et écroué.

Selon la procureure de la République, l’homme de 51 ans « reconnaît les faits, indiquant avoir agi suite à une dispute, dans un contexte d’alcoolisation importante ». « Un juge d’instruction est désormais saisi » et « les investigations vont se poursuivre, notamment pour auditionner les témoins et les proches, et pour vérifier l’emploi du temps de l’auteur et de la victime dans les moments qui ont précédé le meurtre », a ajouté Catherine Sorita-Minard dans un communiqué.

L’homme, qui avait 2,5 grammes d’alcool dans le sang, avait défenestré jeudi soir son ancienne compagne. Il était ensuite resté à la fenêtre pour jeter des canettes de bière en direction du corps, avant d’être interpellé sans résistance.

Chutant sur le toit d’une salle de sport en contrebas, la victime est décédée sur place, malgré l’intervention des sapeurs pompiers et du Smur. Alertés par les cris de Doris, plusieurs habitants des immeubles qui encerclent la tour s’étaient précipités sur leur balcon et avaient vu la quadragénaire lutter contre son bourreau. « Pendant plusieurs minutes, elle a tenté de résister mais il a finalement réussi à la faire basculer par la fenêtre », avait témoigné auprès du Parisien Marie-Madeleine.

Des antécédents de violences

Ce dernier, né en 1969, avait ainsi été condamné le 17 janvier 2019, pour « violences aggravées » sur la même personne, à 6 mois de prison assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve pendant 3 ans, rapporte le parquet. Il faisait l’objet d’un suivi par le juge d’application des peines et le service d’insertion et de probation. « Une évaluation de sa prise en charge sera effectuée, conformément aux instructions du garde des Sceaux dans ce domaine », avait annoncé vendredi la procureure.

Selon le collectif « Féminicides par compagnons ou ex », ce drame porte à 49 le nombre de victimes de féminicides depuis le début de l’année 2021. En 2020, 90 féminicides ont été décomptés par le ministère de l’Intérieur, contre 146 l’année précédente. Le drame de Colmar s’inscrit dans une série noire survenue dans le Grand Est où, en moins de deux semaines, trois féminicides ou tentative de féminicide ont été commis, relançant le débat sur le suivi des auteurs de violences conjugales.

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