Féminicide d’Hayange : Darmanin, Dupond-Moretti et Schiappa annoncent une mission d’inspection
Au lendemain de la conférence du procureur de Metz estimant qu’il n’y avait pas eu de « dysfonctionnement des services judiciaires » dans l’affaire du dramatique féminicide survenu à Hayange le week-end dernier, les ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin, de la Justice Éric Dupond-Moretti et Marlène Schiappa, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, annoncent ce mercredi la mise en place d’une mission d’inspection de fonctionnement afin de faire « toute la lumière suite au terrible féminicide d’Hayange » en Moselle, le week-end dernier.
La saisine de l’inspection générale de l’administration et de l’inspection générale de la justice pour diligenter cette mission a été annoncée par Gérald Darmanin sur Twitter.
L’inspection devra établir quelles suites ont été données à une main courante de la victime visant son compagnon, enregistrée le 14 janvier 2020, et à une plainte qu’elle avait déposée le 26 novembre 2020. « Les deux faisant état de violences verbales ou de harcèlement ou de menaces de mort », selon le procureur Christian Mercuri. Elle devra également se pencher sur une série d’interventions au domicile du couple de police secours, alertée par des voisins à la suite de violentes disputes.
Le suspect présenté à un juge en vue d’une mise en examen
Devant la presse mardi, le procureur a expliqué que ni la plainte ni la main courante n’avaient été « portées à la connaissance de l’autorité judiciaire ». Ainsi, aux yeux de la justice et malgré les 9 mentions inscrites au casier judiciaire du suspect – deux pour des faits de violences remontant à 2015 et les autres pour des « délits routiers » -, celui-ci n’était « pas identifié judiciairement parlant comme un conjoint violent », selon le magistrat. S’il avait été « identifié comme tel, le suspect n’aurait pas reçu un aménagement de peine au domicile conjugal », soutient Christian Mercuri.
Un peu plus tôt dans la journée, le président (LR) du conseil régional du Grand-Est, Jean Rottner, a réclamé « une enquête administrative » après le meurtre d’une jeune femme de 22 ans commis dans la nuit de dimanche à lundi à Hayange (Moselle). Le principal suspect est son compagnon.
Il était incarcéré depuis le 26 novembre dans une affaire de délits routiers. Avec l’aménagement de peine, il avait pu poursuivre sa détention à domicile sous surveillance électronique à partir du 13 mai, soit dix jours avant la survenue du féminicide. « Je suis interpellée par cette situation », a déclaré mercredi Marlène Schiappa, invitée sur FranceInfo.
« Nous avons, avec le ministre de l’Intérieur, donné une instruction très ferme, dès notre entrée en fonction (en juillet 2020, NDLR), en disant qu’en ce qui concerne les violences conjugales, ce doit être des plaintes (plutôt que des mains courantes, NDLR), et 100 % des plaintes doivent être prises, qualifiées et transmises au parquet ».
Un rassemblement en hommage à la victime devait se tenir à partir de 18h00 à Hayange, à l’appel du maire, Fabien Engelmann. L’élu RN a fait accrocher au fronton de la mairie un calicot « Hommage à Stéphanie. Non au laxisme ». Une autre marche se tiendra à la même heure devant la mairie d’Algrange, la commune voisine dirigée par un maire communiste, Patrick Peron.
Le suspect a été présenté mercredi après-midi à un juge d’instruction, en vue de sa mise en examen pour « homicide volontaire par conjoint », annonce le parquet de Metz. Une autre personne, une femme d’une quarantaine d’années, a également été présentée au juge pour « soustraction d’un criminel à l’arrestation et aux recherches ». C’est à son domicile que le suspect avait été retrouvé et interpellé lundi par la police judiciaire. Un homme, placé en garde à vue lundi pour recel de malfaiteur, a lui été relâché mardi soir sans que des poursuites ne soient engagées contre lui.