L’onde de choc après le récit dans notre journal de l’acte héroïque d’Issam suivi de sa mort tragique
Le 23 mai, le rappeur Mokobé relaie sur Facebook la photo d’un homme qui pose les bras croisés, avec aux lèvres un sourire doux. Le message qui l’accompagne l’est beaucoup moins. Car cette photo est celle d’Issam Benayad, un habitant de Vitry mort noyé au cap d’Agde le 21 mai alors qu’il passait des vacances en famille dans le sud de la France. L’artiste originaire de Vitry lui aussi rend hommage à ce « héros », qui a voulu « porter secours à une personne âgée ». Mokobé a 900 000 abonnés, l’histoire touche et nous décidons de la raconter le 26 mai dans le journal.
Alors qu’il se trouvait sur une plage ce 21 mai avec sa compagne et leurs deux enfants, Issam se jette à l’eau pour porter secours à un nageur qu’il voit se débattre dans l’eau, au loin. C’est une personne âgée qui lutte contre un « coup de mer », un phénomène de houle redouté par les sapeurs-pompiers de l’Hérault, en raison des risques de noyade. L’imprudent parvient à sortir de l’eau, mais Issam, lui, se noie. Sur la plage, les pompiers ne parviennent pas à ranimer le père de famille de 39 ans et prononcent son décès.

À Vitry, ses amis sont accablés de chagrin. « Il avait un cœur en or » se souvient Jonathan d’Export, le président de l’association sportive ultramarine (ASUM) de la ville, le club de football où Issam jouait. Il décide de lancer une cagnotte pour honorer son geste et soulager la peine de ses proches. Ce 7 juin, elle atteignait déjà plus de 12 300 euros.
«Toute notre vie, on va essayer d’être à la hauteur de son acte»
C’est lui qui met le Parisien en relation avec Maud, la compagne d’Issam et mère de leurs deux enfants. Présente au moment du drame, elle raconte que son compagnon, qui n’était pas un bon nageur, n’a « pas hésité » pour autant à se jeter à l’eau. « Toute notre vie, on va essayer d’être à la hauteur de son acte, témoigne-t-elle. On lui porte un amour infini. »
L’article provoque de nombreux témoignages de soutien, venus d’inconnus ou de personnalités. « Assa Traoré ou Latifa Ibn Ziaten m’ont écrit », relate Maud ce vendredi, deux semaines après le décès d’Issam et une semaine après son enterrement à Nantes, auquel ses amis de Vitry et du club de foot ont assisté. « Ces témoignages m’ont donné de la force, c’est à l’image d’Issam et de son geste qui est un vrai don de soi », témoigne la maman, qui explique vivre « les montagnes russes » depuis le décès de celui qui partageait sa vie depuis quinze ans, et ne pas pouvoir « l’imaginer sans lui ».
La ministre Marlène Schiappa a proposé « que lui soit décernée la médaille pour acte de courage et de dévouement ». La ville de Vitry, qui va également remettre à Issam la médaille de la ville à titre posthume, indique qu’un hommage lui sera rendu le dimanche 13 juin à l’occasion d’un match de football ouvert à tous.