«La ville de Dieppe» de Monet retrouve ses terres d’origine pour quelques heures
Ce vendredi, la ville de Dieppe (Seine-Maritime) va recevoir la visite d’un prestigieux témoin de son passé : une toile de Claude Monet, sobrement intitulée « La ville de Dieppe », et peinte en 1882 par le célèbre artiste qui vit à l’époque une période un peu délicate. Veuf et père de deux garçons, en proie à des difficultés financières, il vient chercher en Normandie un nouveau souffle.
« C’est l’une de deux seules réalisées par Monet lors de son séjour d’une dizaine de jours à l’hôtel Victoria en février de cette année-là avant d’aller poser son chevalet du côté de Pourville et de Varengeville. L’autre représente une vue du port en soirée et elle est actuellement aux Etats-Unis », détaille Aymeric Rouillac, le commissaire-priseur installé à Tours (Indre-et-Loir) qui se prépare à mettre aux enchères le tableau le 6 juin prochain au château d’Artigny.
Un rendez-vous exceptionnel puisque la très large majorité des œuvres du maître de l’impressionisme s’échange généralement à l’étranger. « On parle d’un tableau dont la mise à prix débute à un million d’euros et qui pourrait dépasser la barre des deux millions d’euros. Et si c’est trois, c’est champagne ! », continue l’expert qui s’est vu confier cette toile par son propriétaire japonais. Et qui n’hésite pas, lorsque l’opportunité se présente, à partager avec le plus grand nombre le plaisir de profiter de tels chefs-d’oeuvre. « Nous avons retrouvé l’endroit exact depuis lequel Monet a peint cette vue. Il va y avoir une belle émotion lorsqu’elle y sera installée à nouveau ».
«Si c’est 3 millions d’euros, c’est champagne !»
Pour le grand public, la municipalité a réservé la salle des congrès dès 14 heures pour qu’il puisse admirer le tableau le temps d’une après-midi. « La présentation de cette œuvre à Dieppe va être un beau moment en cette période où nous avons tant besoin d’art », assure le maire Nicolas Langlois « C’est aussi une belle façon de dire que, même si ce chef-d’œuvre va rejoindre une collection prochainement, il fait aussi partie de notre patrimoine commun. » Un patrimoine qui a fait le tour du monde, sauvé des Allemands par le galeriste parisien André Weil qui partira aux Etats-Unis avec la toile dans ses valises, avant son retour, cent-trente-neuf ans plus tard, sur le site qui l’a vu naître.