Jamais content, Farid Boulaya. « Je ne suis pas satisfait! Je dois marquer et faire marquer davantage. Peut-être que je dois frapper plus, frapper mieux et donner de meilleurs ballons, me rapprocher davantage de la surface sur les centres… » confiait le milieu de terrain du FC Metz avant le déplacement à Lyon dimanche.
Si le joueur de 27 ans compte trois buts et trois passes décisives jusqu’à présent, il a livré une prestation de premier plan dans le Rhône, voyant son centre flottant touché le poteau (42e) et offrant le but de la victoire à Leya Iseka, lancé en profondeur (90e + 1, 0-1). Un retour fracassant après avoir été absent lors des deux précédents matchs à cause du Covid.
« C’est notre meneur de jeu, le joueur phare de l’équipe, garantit son ami Opa Nguette, attaquant messin (3 buts). Il est le trait d’union entre le milieu et l’attaque, il est très bon dans le dribble et le un contre un. Ensuite, il a l’œil, sait faire la bonne passe. Il a une certaine notoriété car les équipes adverses savent qu’il fait la différence… » Avec le temps, Boulaya est parvenu à se débarrasser du sparadrap qui le collait depuis la panenka ratée qui a été fatale aux Grenats lors des tirs au but face à Caen en 8es de finale de la Coupe de France (2-2, 3-2 aux t.a.b.), quelques jours après son arrivée en Moselle début 2018.
Il avait refusé d’intégrer le centre de formation de l’OM
Par le passé, le natif de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) a également décliné la proposition d’intégrer le centre de formation de l’OM quand il avait 13 ans. « C’était assez loin, plutôt compliqué d’arriver au centre d’entraînement après l’école. Et peu de jeunes sortaient de l’OM à l’époque », explique-t-il. Ce dernier a alors poursuivi ses gammes à Vitrolles, Cannes puis Istres avec Frédéric Arpinon, lequel deviendra plus tard le responsable du recrutement du FC Metz. Mais c’est à Clermont (L 2) qu’il se distingue, à 22 ans (7 buts, 4 passes décisives, saison 2015-2016). A cause d’un enchaînement de blessures, il rate son envol en Ligue 1 à Bastia, puis en Liga espagnole à Gérone. Avant d’atterrir à Metz en 2018.
« Il a toujours eu le talent et le volume de course, mais au début, son jeu était parasité par trop de touches de balle, de passements de jambe, de choses nuisant à l’efficacité, confie Philippe Gaillot, le directeur général adjoint messin. Il progresse régulièrement depuis deux ans. Nous l’avons prolongé (NDLR : l’année dernière, jusqu’en juin 2022) pour lui témoigner notre confiance. Aujourd’hui, j’estime qu’on a réussi à développer son potentiel mais qu’il a encore de la marge pour devenir un très bon meneur de jeu de Ligue 1. »
D’ailleurs, début octobre, Djamel Belmadi, le sélectionneur de l’Algérie, lui a accordé ses 90 premières minutes au sein de l’équipe championne d’Afrique des nations en titre lors d’un match amical remporté (1-0) contre le Nigeria. « Pour l’instant, il n’a pas les stats à la hauteur de ce qu’il produit, poursuit Gaillot, qui le considère néanmoins indispensable. Il aime se saisir du ballon dans les moments chauds, prendre les responsabilités. En plusieurs occasions, il nous a remis dans le match, par un geste ou une passe. » Dimanche, il a même été l’élément déclencheur de l’exploit messin.
