Logements sociaux : Emmanuelle Wargon «pragmatique» avec les communes qui jouent le jeu
La ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, s’est dite « satisfaite » jeudi soir soir, quelques heures à peine après avoir reçu les deux rapports chargés de remodeler et améliorer la loi SRU, vieille de vingt ans. « Aucune décision n’est bien sûr prise à ce stade mais je suis ravie que le rapport de Thierry Repentin (NDLR : prolongeant la loi SRU) ait conclu sur un consensus en faveur d’une poursuite des efforts de construction des logements sociaux », assure-t-elle.
Quant au délicat sujet des sanctions qui pourraient être renforcées à l’égard des communes dites « carencées », c’est-à-dire qui ne produiraient pas assez de logements sociaux (moins de 20 % ou 25 % selon les cas), elle soutient la fermeté affichée dans le rapport Repentin.
Plus de fermeté en cas de retard et de récidives
« Il faut accepter de sanctionner les communes qui ne jouent pas le jeu », assène-t-elle, précisant n’attaquer aucun maire. Le rapport de 42 pages propose aussi des sanctions plancher qui pourraient évoluer selon que la commune récidive dans son retard ou non. « Je suis prête à être pragmatique », lance la ministre, suggérant un système plus souple à l’égard des communes qui essayent de tenir leurs objectifs mais plus ferme avec celles qui accumulent les retards et récidives.
Ce que conteste déjà Xavier Melki, maire (LR) de Franconville (Val-d’Oise), à l’origine d’un collectif d’une vingtaine d’élus appelant à la révision de la SRU. « Dans ma commune de 40000 habitants, j’atteins un taux de construction en deçà de ce qui est fixé, à 20,5 % au lieu de 25 %, mais je ne peux pas faire plus… Expliquez-moi comment construire les 750 nouveaux logements sociaux que je suis censé construire d’ici 2025 en gérant le budget d’une ville, c’est tout simplement impossible », s’agace l’élu.