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Tour de France 2020 : Primoz Roglic revient sur le «surprenant» tour de force de Tadej Pogacar

Les mots sont aussi forts que l’improbable épilogue de la 107e édition de la Grande Boucle en septembre 2020. Rappelez-vous, maillot jaune pendant 11 étapes, le coureur slovène Primoz Roglic vole vers la victoire finale sur le Tour de France 2020. Un succès mérité tellement lui et son équipe Jumbo-Visma ont dominé les débats.

Nous sommes la veille de l’arrivée à Paris. Avant le dernier chrono à la Planche des Belles Filles, tout le monde est persuadé que le Slovène ne peut plus être rattrapé, avec ses 57 secondes d’avance. Sauf son compatriote Tadej Pogacar, qui réalise un incroyable numéro d’équilibriste. Celui-ci repousse Roglic à près de deux minutes derrière et lui rafle le maillot jaune. Mise à part Laurent Fignon, battu pour huit secondes seulement au profit de l’Américain Greg LeMond lors de la dernière étape en 1989, jamais l’épreuve reine n’avait connu un tel coup de théâtre.

VIDÉO. Tour de France : Pogacar écrase le chrono et détrône Roglic

Primoz Roglic n’était jamais revenu sur cet épisode. Dans les colonnes du journal L’Equipe, il parle de la performance de Tadej Pogacar, qui a parfois soulevé quelques interrogations. Lui la considère « pas étrange mais surprenante ». Et de poursuivre : « Il n’avait jamais montré que c’était possible, jusqu’au moment où il a écrasé ce chrono. Sur certaines étapes, auparavant, il était au rupteur, au bord de lâcher. Personne ne pouvait imaginer qu’il avait encore ça dans le ventre. »

«C’était brutal, dévastateur… mais je ne rumine pas»

Concernant ses erreurs sur le dernier Tour, Roglic reconnaît qu’il en a sûrement fait lors du chrono fatal : « Reconnaître le parcours le matin même, c’était trop. J’aurais dû faire quelque chose de bien plus tranquille. » «C’était brutal, dévastateur, confie-t-il concernant son incroyable défaite. Mais plus pour les gens autour de moi que pour moi. Je suis quelqu’un qui va de l’avant, je ne reste pas à ruminer sur un résultat.»

Avec le recul, le coureur de Jumbo-Visma se penche sur une épreuve qui devait lui revenir : «Quelque part, on a gagné en montrant à quel point notre équipe était forte. Dégager une telle impression de puissance, contrôler au maximum, finalement, c’était ça que je voulais avant le départ et c’est ce qu’on a réussi à mettre en place.»

Un brin philosophe, il assure : « Bien sûr, la victoire finale n’est pas là mais c’est ainsi. Parfois on gagne, parfois on perd. Quand on a fait tout ce qu’on pouvait, il faut l’accepter. » Si le coureur slovène affiche ses ambitions, elles ne se situent pas forcément en termes de résultats : «Je veux être numéro 1 mais en vérité, ce que j’aime, c’est la démarche qui entoure tout ça. Comment atteindre mes limites ?»

«C’est nocif de n’avoir que la victoire pour objectif»

Là où certains ne roulent que pour le succès, le coureur de 31 ans assure que ce n’est pas sa finalité : «C’est très nocif de n’avoir que la victoire pour objectif : si tu es deuxième, tu es fini, tu ne trouves plus la force de repartir. Cela empêche de prendre du plaisir dans la préparation.»

Sur son statut de leader d’équipe, il porte un regard clairvoyant : « Il m’a fallu apprendre cette ouverture aux autres. Je suis toujours en train de chercher comment être un bon leader. Ce n’est pas très naturel pour moi. »

L’athlète de haut niveau en saut à skis jusqu’en 2011 affiche une sincérité assez rare : «J’ai besoin de ce temps solitaire. Au début, je n’avais pas pris la peine d’en parler, et les mecs (NDLR : ses coéquipiers) pensaient que je ne les aimais pas, ils se disaient que j’étais spécial, que je ne pensais qu’à moi…»