Aux Andelys, le vinaigre de cidre normand passe de la salade à la cosmétique
Utilisé depuis des millénaires, le vinaigre de cidre n’est pas qu’un condiment pour assaisonner la salade ou les tomates de l’été qui approche. Aux Andelys (Eure), Marina Lemaire et son associé Devan Ahmed n’entendent pas en rester là en soulignant ses bienfaits pour la santé et, plus inattendu, en le faisant entrer dans la composition de cosmétiques.
« C’est suite à quelques problèmes de digestion que je me suis intéressé à ce liquide mystérieux, raconte Marina Lemaire, la fondatrice d’Archi’v, la seule société française spécialisée dans la production de vinaigre de cidre avec sa mère (film bactérien) non filtré et non pasteurisé. Le vinaigre de cidre, s’enthousiasme-t-elle, est une institution partout dans le monde, principalement aux États-Unis et en Asie. En Californie, c’est un super aliment qu’on achète dans les pharmacies. »
« Des dizaines d’études scientifiques, assure l’entrepreneuse, lui reconnaissent des bienfaits pour le transit intestinal, calmer la toux, sur la régulation de l’impact glycémique chez les diabétiques, dans le cadre d’un programme de perte de poids, pour éliminer les toxines, lutter contre la mauvaise haleine et autres petites infections. Il est aussi efficace pour combattre l’acné, l’eczéma et faire briller les cheveux. Il y a toujours une occasion de l’utiliser, car c’est le premier médicament du monde. »

Pour lutter contre les idées reçues sur le goût et l’odeur, les entrepreneurs ont travaillé pendant une année avec un laboratoire d’Évreux pour obtenir « une composition de qualité afin de faire faire prendre du vinaigre à tout le monde ». Issu du cidre fermenté, dont l’alcool s’est transformé en acide acétique, Archi’v est lui composé « de quinze variétés de pommes douces amères riches en polyphénols d’un producteur de l’Orne. Elles sont bio, cultivées selon la technique de l’agroforesterie. Ensuite, le cidre se transforme dans des fûts de chêne jusqu’à atteindre un degré d’acidité proche de celui d’une peau saine, détaille Marina Lemaire.
Un peu plus cher qu’un vinaigre de supermarché…
Conditionnées dans de superbes flacons en verre, avec une étiquette biodégradable et un bouchon en bois vénitien, les premières bouteilles ont été livrées en octobre 2020. Immédiatement, les livraisons se sont enchaînées et dans toute la France : « 50% sont des commandes se font sur notre site Internet. Nous sommes aussi présents dans 200 points de vente, dont des épicerie fines comme La Grande Épicerie à Paris, des pharmacies et des herboristeries ».
Malgré un message orienté sur le bien-être, quelques grands chefs se sont rapprochés d’Archi’v et l’ont adopté comme le vainqueur de Top Chef David Gallienne, la triple étoilée Anne-Sophie Pic ou encore Guillaume Gomez l’ancien chef de l’Élysée, « car ce n’est pas un vinaigre de cidre de supermarché. Quand ils le mâchent, tous les arômes de la pomme et du cidre s’expriment », argumente Marina Lemaire.
Pour Archi’v, il s’agit aussi de faire vivre l’expérience auprès du grand public. La société propose donc aussi un flacon de 500ml, un kit d’infusion verveine/menthe pour apprendre à le déguster ainsi qu’un kit d’argile pour le visage et les cheveux : « Notre volonté est qu’il s’impose comme un vinaigre qualitatif, explique Marina Lemaire. C’est pour cela qu’il ne peut pas coûter que deux euros le litre comme ceux filtrés et traités. À 14,50 euros le flacon, cela peut éviter d’acheter des crèmes hors de prix ou encore de consommer trop de médicaments. Tout dépend où on place le curseur de sa santé et son bien-être ».