Ce samedi, la salle des ventes de Me Cheroyan va rassembler, à Rouen (Seine-Maritime), une ribambelle de grands enfants. Peu sur place, crise sanitaire oblige, mais de nombreux en ligne, attirés par une vente exceptionnelle de la marque normande de jouets Euréka, dont l’histoire remonte à 1883 du côté de Douville-sur-Andelle (Eure) et s’achève un siècle plus tard avec sa fermeture en 1983.
« A la base, sous l’appellation K-B – pour les établissements Kratz-Boussac – Euréka fabrique de petits objets du quotidien. Mais rapidement, la marque s’oriente vers les jouets avec des pistolets à fléchettes, des diabolos, des patinettes ou de petits vélos », explique Arnaud Séné, l’expert qui a monté cette vente.
C’est l’embauche il y a un siècle de Xavier Grandvoinnet qui va faire passer Euréka dans une autre dimension. « C’était un ingénieur des Arts et métiers. Il a proposé de lancer la fabrication de voitures à pédales et a conçu le premier modèle en 1922 ». C’est d’ailleurs la collection de son fils Marcel et de ses descendants qui est dispersée.
« On parle ici de ce qui s’est fait de mieux »
Rapidement le succès incite le fabricant normand à monter en gamme. Il organise même, avec le concours du journal l’Auto (l’ancêtre de l’Equipe) des courses de voitures à pédales sur l’esplanade des Invalides à Paris.
La « Grand prix », au look de Bugatti, lancée au tout début des années 1930, reste le must du genre et n’est fabriquée qu’à 650 exemplaires environ. L’un des modèles présenté est estimé entre 15 000 et 18 000 euros. « Mais ça peut monter. On parle ici de ce qui s’est fait de mieux dans l’histoire de la voiture à pédales », vante Arnaud Séné qui pointe également un rare hydroglisseur à pédales, estimé lui à environ 12 000 euros.
Au total, 525 lots, dont une soixantaine de petits bolides, seront proposés à la vente ce samedi à partir de 10h30.
Renseignements sur www.rouen-encheres.com
