Bonne nouvelle pour les jeunes actifs locataires, une aide forfaitaire de 1000 euros a été lancée ce jeudi 18 février. Quatre conditions sont requises pour en bénéficier. D’abord, avoir moins de 25 ans (les alternants et apprentis ne sont pas soumis à cette limite d’âge) et disposer d’un contrat de travail dans le secteur privé, quel qu’il soit (CDI, CDD, intérim), signé depuis moins de 18 mois. Troisième condition, le jeune actif doit percevoir entre 0,3 et 1,1 smic, « ce qui revient à gagner entre 369 euros net et 1353 euros net », précise Corinne Bedos-Toulgoat, directrice nationale du développement et de l’offre chez Action Logement Services. Enfin, il faut disposer d’un contrat de bail à son nom.
« Il n’y a pas, en revanche, de condition sur la date d’entrée dans le logement », précise Corinne Bedos-Toulgoat. Un locataire depuis plus d’un an est tout aussi éligible qu’un autre qui vient tout juste de signer. Et si l’aide s’adresse assez logiquement aux jeunes qui emménagent dans leur tout premier logement, cela n’est pas une condition sine qua non pour la simple et bonne raison que c’est invérifiable dans les faits. Il est donc possible d’avoir déjà été locataire.
Si vous remplissez ces quatre critères, il vous est possible de déposer votre dossier directement en ligne sur le site d’Action Logement ( l’ex-1 % Logement ). La démarche prend quelques minutes. « Il suffit de télécharger sa pièce d’identité, un relevé d’identité bancaire (RIB), son contrat de travail ou son dernier bulletin de salaire ainsi que son contrat de location ou sa dernière quittance de loyer, souligne la professionnelle. Si le dossier est complet et le jeune éligible à l’aide, il reçoit alors une convention à signer en ligne. » Une fois le document signé électroniquement, Action Logement déclenche le paiement par virement, effectif sous plus ou moins 72 heures, selon les délais bancaires.
Une réponse à la chute des APL
C’est la démarche que vient de réaliser avec succès Stella, à Sainte-Marie de La Réunion. « Je n’y croyais pas au début, j’ai effectué la simulation en ligne qui m’a déclarée éligible, confie la jeune esthéticienne de 21 ans, encore étonnée. Je suis en plein emménagement et c’est vraiment une bonne surprise, cette nouvelle aide arrive au bon moment dans cette période difficile. »
Ce coup de pouce n’est, en réalité, pas totalement nouveau. Il s’appuie sur un dispositif lancé en septembre 2019 : l’aide à la mobilité. Celle-ci a déjà permis de soutenir plus de 50 000 salariés du privé contraints de déménager près de leur lieu de formation ou de travail. « Son principe est étendu aux jeunes actifs, locataires de leur résidence principale » dans des conditions assouplies, remarque Corinne Bedos-Toulgoat. Plus de 30 000 jeunes sont ciblés, ce qui représente une enveloppe de 30 millions d’euros pour le gouvernement.
Surtout, ce lancement tombe à pic. Il intervient alors que la colère monte chez les jeunes avec l’entrée en vigueur début janvier de la réforme des aides personnalisées au logement (APL). Longtemps calculé sur les revenus déclarés deux ans plus tôt, le montant des APL se base désormais sur les revenus des douze derniers mois (mis à jour chaque trimestre). Un nouveau mode de calcul qui exclut de nombreux jeunes aux finances déjà mises à mal par la crise sanitaire du Covid-19.
