Amiens : l’usine Ajinomoto et ses 330 salariés repris par une start-up auvergnate

Ebranlée par les restructurations à répétition, Amiens échappe à un nouveau sinistre industriel : l’usine Ajinomoto va y être reprise par la jeune société auvergnate Metabolic Explorer (MetEx), une opération permise par les conditions financières très favorables consenties par le groupe japonais.

Le site picard emploie quelque 330 salariés à la fabrication de lysine – une substance utilisée en alimentation animale – et d’autres acides aminés à haute valeur ajoutée. Ajinomoto comme MetEx sont spécialisés dans la production de composants chimiques par fermentation, une méthode « verte » susceptible de remplacer la pétrochimie pour certains produits. A ce titre, MetEx fait l’objet depuis ses débuts d’un soutien sans faille de l’Etat et de son bras armé financier bpiFrance, la banque publique d’investissement.

Des Japonais soucieux de la défense de l’emploi

Petite start-up dont les effectifs atteignent tout juste 120 personnes, MetEx va pouvoir acquérir ce site pour un prix « raisonnable » si les négociations exclusives engagées avec Ajinomoto aboutissent : 15 millions d’euros, dont 8 millions payables au moment de la finalisation de l’opération, espérée au plus tard pour mai. La modestie de la facture s’explique par l’importante dépréciation d’actifs de 100 millions d’euros qu’Ajinomoto a accepté de passer dans ses comptes avant la cession de sa filiale. Ceci au nom de la défense de l’emploi.

Le site d’Amiens ne disposant pas d’installations de recherche et développement, Ajinomoto souhaitait également un repreneur capable de lui apporter les technologies nécessaires pour se maintenir dans la durée. MetEx, qui avait levé il y a un an 7,3 millions d’euros, paiera la somme demandée sur ses fonds propres.

De nouvelles productions à valeur forte valeur ajoutée

L’opération va faire basculer la start-up auvergnate dans une toute autre dimension : Amiens est le premier site européen de production d’acides aminés par fermentation. De société spécialisée dans la recherche, elle va se muer en ETI (entreprise de taille intermédiaire) industrielle. Les choses devraient toutefois changer avec l’entrée en fonctionnement prochaine de son unité de production de propanediol et d’acide butyrique sur la plateforme chimique de Carling (Moselle).

Le site d’Amiens souffre du fait que la lysine qu’il produit est devenue une « commodité », aux prix très fluctuants. MetEx va tenter d’en stabiliser les recettes en engageant de nouvelles productions, à plus forte valeur ajoutée (notamment une ligne de production d’acide glycolique) recourant à ses procédés innovants. « A moyen terme », cette stratégie devrait permettre à MetEx de dépasser les 250 millions d’euros de chiffre d’affaires.

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