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Deux tableaux d’un maître flamand coulaient des jours paisibles à Orléans

Le commissaire-priseur Philippe Rouillac, installé à Vendôme (Loir-et-Cher), réalise régulièrement des expertises gratuites à l’hôtel Oceania d’Orléans (Loiret). Et c’est lors d’une de ces après-midi d’estimation, couplée d’une conférence, que l’héritière d’un banquier, habitante d’Orléans, lui a confié une quinzaine de tableaux flamands et hollandais du XVIIe siècle dont deux œuvres de David Teniers le Jeune (1610-1690), peintre flamand contemporain de Rembrandt.

« L’un représente un jeune alchimiste, portant une toque de fourrure, et ses fioles, l’autre une scène de taverne. Le premier est signé. C’est une rareté car à l’époque, les artistes qui répondaient à des commandes ne signaient pas. Ils s’effaçaient devant le commanditaire », précise Philippe Rouillac.

Les enchères pourraient s’envoler

« La quinzaine tableaux de petits formats d’environ 30 par 40 cm représente un pan de l’histoire de la peinture flamande du XVIIe siècle », estime le commissaire-priseur. En plus des deux toiles de David Teniers le jeune, les autres peintures traduisent aussi l’atmosphère de l’Europe du Nord de l’époque : scènes mythologiques, portrait d’une mère et ses deux filles, natures mortes.

Ils seront vendus le dimanche 6 juin, lors de la 33e Garden Party, grande vente aux enchères, au château d’Artigny (Indre-et-Loire). À quel prix ? « Difficile à dire car en ce moment, avec la crise sanitaire, tout est très volatil » reconnaît Philippe Rouillac. Le tableau, signé par David Teniers le jeune, a été estimé à 50 000 € mais les enchères pourraient bien s’envoler.

« C’était un maître des jeux de lumière sur verre, un maître de la transparence. Aucun peintre français, italien ou espagnol de cette époque-là n’arrive à ce niveau de maîtrise et de rendu. D’où l’intérêt de ces tableaux », affirme le commissaire-priseur. La vente au château d’Artigny pourrait bien réserver quelques surprises.