Crash d’hélicoptère près de Deauville : Olivier Dassault était un familier de la Côte fleurie

Avec une certaine discrétion, Olivier Dassault était devenu un familier de Deauville et ses environs. Le député de l’Oise y a tragiquement perdu la vie, ce dimanche 7 mars à 69 ans, dans le crash de son hélicoptère. Son pilote, Jean-Claude Bedeau, 74 ans, a aussi péri dans cet accident survenu sur les hauteurs de Touques, juste après le décollage d’une propriété privée.

Il « n’était pas rare », selon les mots de la procureure de Lisieux, Delphine Mienniel, que le fils de Serge Dassault décolle ou atterrisse depuis les jardins de ce manoir. Les lieux appartiennent à « une famille implantée de longue date à Touques. Les propriétaires et M. Dassault étaient du genre très vieux copains », glisse Colette Nouvel-Rousselot, la maire de cette commune limitrophe de Deauville.

Il rejoignait le département par avion ou par hélicoptère

L’ancien président du conseil de surveillance du groupe Dassault se rendait sur la Côte fleurie depuis de nombreuses années. « Au début, il n’avait pas de maison mais venait au festival du film américain. Puis, il y a cinq ou six ans, il a acquis une propriété », indique Philippe Augier, maire de Deauville, bouleversé par la disparition de son ami. La maison d’Olivier Dassault se situe à la limite entre Deauville et Tourgéville, nichée au bout d’une impasse, au milieu d’un quartier de jolies villas à l’architecture assez typique du pays d’Auge.

Là, l’élu « venait se reposer », nous dit-on. Sa propriété normande, située non loin du front de mer, était devenue une base arrière qu’il rejoignait régulièrement, souvent par les airs. « Quand il venait avec plusieurs proches, il pouvait prendre son avion, témoigne la maire de Touques. Et dans le cas où il se rendait seul par ici, ou que les horaires d’ouverture de l’aéroport de Saint-Gatien-des-Bois (près de Deauville) étaient plus contraignants, il choisissait l’hélicoptère ».

L’homme aux commandes de l’appareil lors du drame, ancien pilote de ligne, était d’ailleurs « le pilote de M. Dassault dans ce genre de circonstances », précise la procureure de Lisieux.

L’engin n’a pas décollé de façon normale

Dimanche, Olivier Dassault regagnait l’Oise après son escale calvadosienne du week-end. Sa femme était restée sur place. Le chauffeur de la conciergerie qui s’occupait de lui et de sa propriété depuis plusieurs années venait de le mener jusqu’au manoir de ses amis, à Touques. « Les propriétaires n’étaient pas là. D’habitude, l’hélicoptère se pose dans le fond du jardin. Cette fois, il a atterri plus près de la maison », assure Colette Nouvel-Rousselot. La maire de Touques s’est rendue sur les lieux peu après la catastrophe.

Vers 18 heures, l’engin a fait « un décollage atypique », selon Delphine Mienniel. Au lieu de s’élever de façon rectiligne pour éviter la végétation et l’habitation, il est parti de biais pour une raison inexpliquée. Une pale du rotor a heurté une branche, entraînant le crash, sous les yeux du fils des propriétaires des lieux.

La nouvelle du décès du député s’est rapidement propagée, de Deauville aux plus hautes sphères de l’Etat. Dès 19h10, Emmanuel Macron saluait sur Twitter la mémoire d’un « Capitaine d’industrie, député, élu local, commandant de réserve dans l’armée de l’air, qui ne cessa de servir notre pays ».

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