La fréquentation des transports en commun a beau avoir chuté, les agents de la RATP restent particulièrement exposés à la circulation du coronavirus. C’est pourquoi l’Unsa-RATP, premier syndicat de la régie des transports publics d’Ile-de-France, a demandé lundi que « les agents de l’entreprise en contact avec le public soient le plus rapidement vaccinés » contre le Covid-19.
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Comme « les profils des personnes engorgeant les réanimations ont évolué, il est temps de réinterroger en partie les priorités en matière » de vaccination « exprimées par le gouvernement », estime ce syndicat de la RATP dans un communiqué.
« Le sentiment d’être envoyé au feu »
« Depuis le début de la pandémie, les personnels du service public et les petites mains du privé : caissières, chauffeurs-livreurs, personnels de nettoyage… ont tenu ce pays à bout de bras. Nous avons souvent eu le sentiment d’être envoyés au feu, quoi qu’il en coûte, ajoute-t-il. La première reconnaissance que nous attendons, c’est que nos conditions d’exercice pénibles soient reconnues, prises en compte et aujourd’hui cela passe notamment par une priorité à la vaccination ».
La direction de la RATP a indiqué de son côté avoir mis en place en interne, avec son service de médecine du travail, « un dispositif de vaccination dédié à son personnel ». Depuis début mars, « 329 vaccinations » ont été réalisées « à ce jour ».
Conformément au protocole national de vaccination en vigueur, « cette première phase de vaccination concerne les agents volontaires âgés de 55 ans et plus, et prioritaires », c’est-à-dire qui « présentent des comorbidités ou des pathologies médicales ».
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En juillet dernier, trois cas de Covid-19 avaient été détectés chez des agents de maintenance du métro à Paris, dans les ateliers Javel (XVe arrondissement). La RATP avait été touchée, comme beaucoup d’autres entreprises, lors de la première vague de la pandémie au début du confinement. Le décès à 51 ans d’un cadre du dépôt de bus d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), puis, quelques jours plus tard, la mort d’un agent de sécurité de 37 ans, avaient marqué les esprits.
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Plus globalement, les municipalités s’inquiètent, elles aussi, de la propagation du virus parmi le personnel municipal, face à la forte hausse des cas contacts ou positifs. Ce qui risquerait, le cas échéant, de nuire au bon fonctionnement du service public. En Essonne, plusieurs maires appellent à la vaccination rapide des agents municipaux, au nom du maintien des écoles, centres de loisirs et crèches.
