Interpol se dote d’une base de données d’ADN familiaux pour identifier des disparus
Découvrir l’identité d’un cadavre en comparant son ADN à celui de sa famille, c’est la nouvelle méthode qu’utilisera Interpol pour identifier les personnes disparues. L’organisation internationale de coopération policière a dévoilé ce mardi sa nouvelle base de données, baptisée I-Familia, qui permettra d’identifier des restes humains non identifiés par la comparaison au niveau international de données génétiques familiales.
« En l’absence d’identifiants comme les empreintes digitales ou les radios dentaires, l’ADN est le seul moyen d’identification des personnes disparues qui peut être prélevé lors d’examens médicaux ou sur un objet personnel comme une brosse à dents », rappelle dans un communiqué l’organisation internationale basée à Lyon.
Ces prélèvements peuvent être comparés au profil ADN d’un cadavre ou de restes humains non identifiés, dans le but d’une recherche de concordance, comme le fait Interpol depuis 2004 avec sa base de données génétiques. « Mais dans l’éventualité où il n’est pas possible d’obtenir directement de l’ADN de la personne disparue, celui des membres de sa famille (parents, enfants, fratries) pourra être comparé via cette nouvelle base de données », ajoute Interpol.
Un prélèvement soumis au consentement
Cette méthode, a déjà été expérimentée par l’organisme de coopération policière : en 2004, la police croate découvrait le cadavre d’un homme dans l’Adriatique. Près de 16 ans plus tard, en 2020, l’ADN des enfants d’un Italien porté disparu cette même année a été ajouté à la base I-Familia et comparé aux ADN de l’ensemble des restes humains non identifiés enregistrés dans le système. Une concordance a été mise en évidence entre l’ADN des enfants et celui du corps retrouvé dans l’Adriatique, permettant de mettre un terme à une affaire restée sans réponse.
Le prélèvement des profils ADN sera soumis au préalable « au consentement des familles, pour que leurs données puissent être utilisées à des fins de recherches internationales » précise Interpol. Ils ne contiendront pas de données nominatives et seront communiqués sous forme de codes alphanumériques. S’il y a correspondance, des notifications seront envoyées aux pays qui ont fourni respectivement le matériel génétique provenant du cadavre non identifié et les profils ADN de la famille.
Des vérifications complémentaires (comme avec des dossiers dentaires et des objets personnels) pourront alors être effectuées pour confirmer la concordance. « I-Familia est un outil humanitaire qui (…) ouvre de nombreuses possibilités nouvelles afin d’identifier les personnes disparues et pour fournir aux familles des réponses », s’est félicité le secrétaire général d’Interpol Jürgen Stock.