Roland-Garros : Tsitsipas se qualifie pour la finale avant de fondre en larmes sur le court

Il se prend la tête entre les bras. Il semble ne pas y croire lui-même. Quelques instants plus tard, il s’effondre rattrapé par l’émotion au moment de répondre aux questions de Marion Bartoli. La quatrième aura été la bonne. Après avoir échoué à trois reprises aux portes d’une finale d’un Grand Chelem – demi-finaliste à l’Open d’Australie en 2019 et en 2021, et à Roland-Garros en 2020 –, Stefanos Tsitsipas (n°5) s’est enfin qualifié pour la finale d’un Majeur.

Une qualification obtenue au bout d’un terrible suspense – et à la 5e balle de match – pour l’athlétique Athénien qui, après avoir mené deux sets à rien face à Alexander Zverev, a dû batailler jusqu’au 5e pour lâcher un cri de joie. Il est le premier Grec a se hisser en finale à Paris. Mais la France lui porte bonheur, puisqu’il a remporté dans l’Hexagone trois de ses sept tournois, liste à laquelle on peut même ajouter le Masters 1000 de Monte-Carlo.

Mais cette mise en bouche, avant le duel au sommet que tout le monde attend entre Rafael Nadal et Novak Djokovic, a longtemps manqué de piment, avant de retrouver du piquant. Sans doute rattrapés par l’enjeu, les deux joueurs ne parviennent pas à développer leur jeu en début de rencontre. Mais c’est bien le Grec qui s’en sort le mieux. Sans être flamboyant, il est plus solide dans le jeu et profite des nombreuses erreurs de son adversaire pour emporter la première manche (6-3).

Son service, une arme de dissuasion massive

Sans rythme, en manque d’inspiration, Zverev réagit au début de la seconde manche. L’Allemand, qui n’avait plus perdu le moindre set depuis le premier tour, où il en avait lâché deux – les deux premiers –, mène 3-0. Le public, présent en nombre (5000 personnes) dans le court Philippe-Chatrier grâce aux allègements des mesures sanitaires depuis mercredi, y croit, veut que le spectacle se poursuive et encourage les joueurs.

Mais sous les yeux de son coach de père qui porte un masque avec le visage de son fils dessiné dessus, Tsitsipas enchaîne les jeux, en remporte 7 de suite et glane le deuxième set. Le duel ne fait que débuter. Le match atteint des sommets. La faute à un terrible passage à vide lors des deux sets suivants et la mécanique retrouvée du diesel allemand. Les services du grand échalas d’1,98 m deviennent enfin une arme de dissuasion massive avec une pointe à 221 km/h.

Le début de la 5e manche est sans doute le tournant du match. Mené 0-40 sur son service, Tsitsipas sauve trois balles de jeu avant de l’emporter. L’Allemand vient de laisser passer sa chance. La fin de match est une démonstration de force du Grec. Après trois heures, il peut enfin savourer et laisser exploser sa joie.

L’homme en forme de ce début de saison

Le Grec de 22 ans, qui devient le plus jeune joueur à atteindre la finale d’un Grand Chelem depuis Andy Murray en Australie en 2010, confirme qu’il est l’homme en forme de ce début de saison. Il vient de remporter sa 39e victoire, pour huit revers seulement, toutes surfaces confondues. Sur terre battue, il vient de glaner son 22e succès en 25 matchs. Personne sur le circuit n’a fait mieux cette année. Vainqueur à Monte-Carlo et Lyon depuis le printemps, l’Hellène visera la passe de trois à Paris.

Tsitsipas se qualifie donc pour la finale du tournoi qui le faisait tant rêver gamin. Le 25 mai 2004, alors âgé de 5 ans, le fils d’Angeliki Kanellopoulou, classée 43e mondiale il y a une trentaine d’années, avait séché l’école pour se planter devant sa télé et regarder un duel franco-français à Roland Garros, entre Fabrice Santoro et Arnaud Clément.

Si le duel entre les deux « héritiers » a donc longtemps manqué de relief, la suite sera d’un autre calibre pour le Grec. En finale, il affrontera le vainqueur du choc des titans, des extraterrestres du tennis, entre Rafael Nadal, le maître des lieux qui vise un 14e titre à Paris, et Novak Djokovic, le numéro mondial.

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