Plus de boutique mais une remorque : en Seine-Maritime, un cordonnier plus fort que le Covid

Un matin, installé dans le centre commercial Leclerc de Bapeaume-lès-Rouen (proche de Rouen), le cordonnier David Paris apprend qu’il ne peut pas lever le rideau de son petit atelier suite aux nouvelles consignes sanitaires : « La galerie marchande est fermée car elle fait plus de 10 000 m2. Seulement, je suis un commerce essentiel. Je suis dans le multiservice avec de la cordonnerie, la copie de clés, le remplacement des piles dans les télécommandes, de la couture sur cuir et autres petits travaux ».

Mais pour lui dont la famille est dans le commerce pendant des décennies, pas question de se laisser abattre par ce coup dur. David Paris est un ancien commercial dans l’import-export. En juillet 2020, avec son épouse, il décide de racheter la cordonnerie Répare Action « pour revenir à mes premiers amours. Alors, à l’annonce de la fermeture, je ne pouvais pas rester sans rien faire. D’abord, je n’avais le droit à aucune aide, car moins d’un an d’activité. Ensuite, je ne pouvais pas rester à attendre ! Cela n’existe pas chez nous ».

LIRE AUSSI > Propriétaires d’un château en Normandie : comment la crise du Covid leur a fait franchir le pas

Donc, sur une idée d’un ami, le couple achète une ancienne remorque de commerce ambulant : « J’ai d’abord demandé au directeur du Leclerc l’autorisation de m’installer sur le parking. Puis, un lundi matin, j’achète le véhicule. L’après-midi, je l’équipe avec les machines et outils du magasin. Et, mardi matin, j’étais opérationnel. Il fallait être réactif ! », détaille le cordonnier. Depuis, du lundi au samedi, il accueille ses clients entre 9 heures et 17 heures sur le parking de l’enseigne.

« On a oublié la débrouille »

Même si tout cela est inscrit dans son éducation, David Paris regrette « que depuis des années, on ait oublié la débrouille. La majorité des gens attendent que l’État trouve des solutions pour eux et se plient aux règles sans rien dire, sans réfléchir ! Alors, même si sur mon nouvel emplacement, je perds malgré tout des clients, car ils me ciblent moins que dans la galerie marchande et les habitudes ne se changent pas comme cela, je devais continuer à apporter du service surtout pour ce métier d’habitués qui se perd. »

En attendant, le commerçant ne regrette rien. La remorque est un investissement conséquent, « mais elle n’est pas perdue. Je pourrais toujours la revendre. Et puis surtout, la crise est loin d’être terminée. Je dois vivre et payer mes factures. Alors là, je suis prêt ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *