Elections départementales dans le Val-d’Oise : les conseillers sortants sont-ils en danger à Saint-Ouen-l’Aumône ?
Dans le canton de Saint-Ouen-l’Aumône, on retrouve l’un des cinq binômes vainqueurs en 2015 qui repart à l’identique. Le maire de Méry-sur-Oise, Pierre-Edouard Éon (LR), conseiller départemental actuellement délégué au numérique, et Véronique Pélissier (LR), cheffe de file de l’opposition à Saint-Ouen-l’Aumône, 10e vice-présidente déléguée à la prévention spécialisée et à la vie universitaire, sont soutenus par la majorité départementale.
Ils avaient fait basculer le canton, historiquement à gauche, en 2015, profitant de la fameuse « vague bleue ». « On est assez confiants. Nous sommes les candidats sortants, on a travaillé sur le terrain pendant six ans et nous avons maintenu l’unité de la droite républicaine », se satisfait Pierre-Edouard Éon.
Il a notamment œuvré au déploiement de la fibre optique dans le Val-d’Oise. « Ce mandat de proximité est très compatible avec celui de maire. Il y a encore de belles choses à faire. »
Des candidatures combatives à gauche
Face à la droite cette année, deux duos de gauche, un LREM – formés d’élus locaux à Saint-Ouen et Méry – et un RN. « On se retrouve un peu dans la situation de 2015, analyse le conseiller départemental sortant, avec le RN d’un côté et la gauche très désunie de l’autre, ce qui avait permis de récupérer le canton découpé sur mesure pour Jean-Pierre Béquet (NDLR : le candidat PS n’était pas passé au second tour d’une poignée de voix) ».
Ayda Hadizadeh, adjointe en charge de la culture à Saint-Ouen-l’Aumône, et Bruno Le Disez sont soutenus par le Parti socialiste. Pour remporter la victoire, le duo compte sur « la bonne réserve de voix de gauche de Saint-Ouen-l’Aumône où la gauche est aux responsabilités ».
« On voulait éviter ce qui s’est passé en 2015 et on souhaitait un seul ticket de gauche. Le problème, c’est la présidentialisation des scrutins. Mais on croit toujours à cette opportunité de faire rebasculer le canton à gauche même si, unis, cette opportunité aurait été mathématiquement plus forte », concède Ayda Hadizadeh.

La candidate veut incarner une véritable opposition à l’équipe sortante, faisant de l’aide sociale à l’enfance son cheval de bataille. « On voudrait créer un deuxième Village d’enfants dans le département et s’intéresser à l’accompagnement des jeunes majeurs. Le département est loin d’être exemplaire, estime-t-elle. Le vote des habitants peut faire la différence sur des sujets très concrets, comme la santé. ».
Dans le canton, EELV soutient un autre candidat de gauche : Jérôme Durieux, conseiller municipal d’opposition à Méry-sur-Oise et coresponsable de Génération.s dans le département, le parti fondé par Benoît Hamon, et Marie-Noëlle Fratani (LFI), conseillère municipale d’opposition à Saint-Ouen-l’Aumône. « On s’est retrouvés contre le projet EuropaCity et sur Stop Amazon », indique Jérôme Durieux.

« Nous avons commencé les négociations avec l’ensemble des formations de gauche mais malheureusement le PS n’a pas fait sa mue écologiste. Il a soutenu EuropaCity puis l’artificialisation du Triangle de Gonesse. Ce n’est pas sur notre canton mais c’est un symbole de la vision écologiste », poursuit-il. Et de pointer un second point d’achoppement : le projet d’exploitation de la carrière entre Méry-sur-Oise et Saint-Ouen-l’Aumône.
Celui qui était parti aux municipales avec Bruno Le Disez considère « avoir des chances ». « On est mobilisés dans la vie locale. Le conseil départemental est à droite depuis cinquante ans et on a vu ses limites pendant la crise. Le département a un vrai rôle à jouer dans la transition écologique », ajoute Jérôme Durieux, qui propose la mise en place d’un plan climat départemental et un revenu d’autonomie pour les 18-25 ans.
Le Rassemblement national représente une menace
Quatrième duo en lice, Norbert-Olivier Tembo (LREM), ancien adjoint MRC de Méry-sur-Oise, et Chrystelle Zami, conseillère municipale à Saint-Ouen-l’Aumône (LREM), sont quant à eux soutenus par la majorité présidentielle. « Je pars confiant pour recueillir largement les voix de ceux qui pensent que je peux les représenter. Je comprends que certains électeurs aient un rejet politique mais le département a un rôle fondamental. C’est le premier socle de la solidarité, ce qui est ma première motivation », lance Norbert-Olivier Tembo.
Et d’égrainer son programme : développer l’accompagnement des bénéficiaires du RSA, mettre en place une agence départementale des solidarités avec un guichet unique, accompagner les jeunes tout au long de leur parcours scolaire, etc.

L’un des gros enjeux du scrutin est la position du Rassemblement national qui avait réalisé un joli score dans le canton en 2015. « Il y a une seule place à prendre au second tour puisque, de facto, la seconde sera prise par le RN et ce d’autant plus si l’abstention est importante », prédit Pierre-Edouard Éon. « S’ils sont présents au second tour, on appellera à voter pour l’autre ticket », assure Ayda Hadizadeh.
Contactés, Geneviève Courot et Daniel Millier, qui incarnent le parti de Marine Le Pen, n’ont pas pu être joints.

La fiche d’identité
Population : 56 771 habitants
Les candidats : Ayda Hadizadeh et Bruno Le Disez (PS) ; Pierre-Edouard Éon et Véronique Pélissier (LR) ; Jérôme Durieux et Marie-Noëlle Fratani (UG) ; Norbert-Olivier Tembo et Chrystelle Zami (LREM) ; Geneviève Courot et Daniel Millier (RN).
Les résultats de 2015 : Premier tour : Pierre-Édouard Éon et Véronique Pélissier (UD) 29,14 % ; Fabienne Daumas et Philippe Moulines (FN) 26,81 % ; Jean-Pierre Béquet et Nicole Champion (PS) 26,56 % ; Adeline Gélys et Eric Jeanrenaud (VEC) 8,02 % ; Jean-Michel Ruiz et Gentiane Thomas (FC) 6,46 % et Yannick Brard et Laurence Marchand-Taillade (DVG) 3,01 %.
Second tour : Pierre-Édouard Éon et Véronique Pélissier 66,97 % ; Fabienne Daumas et Philippe Moulines 33,03 %.