Dans les gares et stations d’Ile-de-France, les commerces rouvrent en tentant d’être optimistes

Enfin, le rideau est entrouvert. Au pied des escalators, dans la gare de Lyon, les commerces « non essentiels » ont rallumé les néons depuis quelques jours, pour préparer la réouverture de ce mercredi 19 mai. Dans la boutique Etam, les vendeuses mettent en place la nouvelle collection de lingerie. « Nous étions six vendeuses mais nous ne sommes plus que quatre pour la réouverture, confie Adeline, l’une des responsables. Nous avions deux contrats que nous n’avons pas pu prolonger. Après les gilets jaunes en 2018 puis la grève fin 2019, nous sortons de trois années très dures… Mais on refuse de se plaindre et on espère que les habitués reviendront vite nous voir. »

«La reprise va se faire très doucement»

A l’autre bout du réseau, à La Défense, la reprise s’annonce aussi timide dans un premier temps. Le gigantesque pôle d’échange est quasi-désert. Les habituels cadres du quartier d’affaires sont pour la plupart en télétravail. « La réouverture du centre commercial des 4 Temps va nous apporter un peu plus de monde, espère la gérante de la boutique de chaussures Tamaris. Nous avons remballé la précédente collection. J’espère aussi que les clients comprendront qu’on ne peut non plus brader nos produits avant les soldes ».



Pendant plus de deux mois, seuls les commerces dits essentiels, comme les sandwicheries, ont continué d’apporter un peu de présence dans les couloirs désertés des espaces commerciaux de la RATP ou SNCF. Alors que la fréquentation des transports franciliens plafonne à 50 % de la normale, le flux de clients sera durablement limité. « La reprise va se faire très doucement, prédit Bruno Manciaux, gérant de quatre points de restauration Columbus & Co dans le métro. Tant que les touristes ne sont pas de retour, nous allons tourner au ralenti. Je ne vois pas de retour à la normale avant 2022. »

Pour survivre au choc de cette interminable période d’inactivité, les commerçants « non essentiels » ont bénéficié du chômage partiel et des aides de l’Etat. Mais aussi des gestes consentis par RATP Travel Retail et son homologue de la SNCF Retail & Connexions, les entités qui commercialisent les espaces commerciaux. En 2020, la RATP a exonéré les 500 commerces de leur redevance d’occupation entre mars et août.

Pour 2021, la SNCF et la RATP ont continué d’accompagner les entreprises les plus fragilisées en modulant les loyers en fonction de la baisse de leurs chiffres d’affaires. « Sans toutes ces aides, on serait tous au chômage, relève Emilie, une vendeuse de parfum. J’essaie d’être optimiste : après tout ce qu’on a vécu, je pense que beaucoup de clients vont avoir envie de se faire plaisir. »

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