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«On est à l’extérieur, ça rassure» : Rouen abrite ses restaurateurs dans des chalets

Place de la cathédrale à Rouen (Seine-Maritime), peu avant midi, il règne une effervescence peu habituelle en ces temps de confinement. Devant les cinq chalets installés par la Ville dans le cadre d’une opération baptisée « Place aux restos », les clients attendent leurs commandes de plats à emporter. Et chaque jour leur nombre augmente. Face à eux, les équipes de cinq restaurateurs rouennais qui ont décidé de répondre à l’invitation de la municipalité, épaulée par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie.



« Nous avons mis à disposition gratuitement ces chalets et ce sont les restaurateurs eux-mêmes qui se sont organisés pour les occuper », détaille le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, indiquant au passage que « pour l’instant, c’est prévu jusqu’au 16 mai. Mais évidemment, cela pourra se prolonger en fonction des annonces du gouvernement ».

« C’était surtout une façon de relancer la machine »

Prêts à envoyer leurs premières commandes du jour, Thomas et Aymeric de la Brasserie Paul, située à deux pas et qui a installé une Petite friterie pour l’occasion, avouent leur plaisir de renouer avec l’essence même de leur métier : « On est au contact, même en gardant une certaine distance. Ça nous fait du bien, mais ça fait aussi du bien aux clients. On le sent… », assure le premier.

Sandrine, venue récupérer des plats proposés par le restaurant In situ, est du même avis. « On a un peu l’impression de revivre en se faisant ces petits plaisirs. Et puis, c’est à l’extérieur, ça rassure ».

Le jeune chef étoilé Rodolphe Pottier et son équipe ont décidé de revisiter les classiques de la street-food Laurent Derouet

Parmi les attractions, le jeune chef étoilé Rodolphe Pottier a décidé de se mettre à la street-food en revisitant hot-dog, kebab et autres falafels. « Nous avions le projet de lancer un food-truck. Et au même moment cette proposition est arrivée. Nous n’avons pas hésité », raconte son frère Jordan, qui insiste sur le côté « maison » de la fabrication. « On fait même nos saucisses à base de porc noir de Bigorre ! ».



Ravi de l’accueil qui leur est réservé, il insiste lui aussi sur le bonheur de reprendre du service dans tous les sens du terme. « On ne sait pas si économiquement c’est intéressant. Ce n’est pas l’essentiel. C’était surtout une façon de relancer la machine. On était un peu rouillé. Pour l’équipe, c’est super. C’est là que l’on se rend compte à quel point ça nous manque ! »

Les restaurateurs présents : La Petite friterie de la Brasserie Paul, In situ, La Table de Flore, La Fabrik et Kala par Rodolphe.