C’est un label parisien rock, indépendant et défricheur, réputé dans le monde pour ses productions, qui sort l’album « Homme Studio ». Après avoir remis en lumière une partie méconnue de l’œuvre de Pierre Vassiliu à travers deux disques, Born Bad Records dévoile la face B d’Henri Salvador, le multi-instrumentiste, le bidouilleur, le visionnaire, avec à la réalisation Guido Cesarsky, DJ et membre du groupe Acid Arab.
Comment l’idée lui est-elle venue ? « Il y a quatre ans, j’avais acheté un disque de Salvador période Disney et j’ai été très surpris d’entendre des boîtes à rythmes à peu près partout, raconte-t-il. J’ai découvert tout cet univers, son histoire d’amour avec Jacqueline (NDLR : sa deuxième femme), leur histoire d’indépendance, son studio. J’ai acheté tous les disques de cette période. Et avec Born Bad, on a voulu la faire redécouvrir. »
Des chansons inédites
En 1976, dans le magazine musical spécialisé Le Haut Parleur, Henri Salvador évoque son « artisanat » : « Je cherche sans arrêt de nouvelles sonorités. J’ai tout mon temps. » De 50 à 60 ans, il expérimente. « Homme Studio » réunit seize chansons créées entre 1970 et 1975, pour la plupart inédites en CD et en streaming.
Il y a quelques douceurs, comme les belles « Et des mandolines », « Marjorie », « Siffler en travaillant », inspirée du thème de « Blanche Neige » ou « Pauvre Jésus Christ », mais il y a surtout des dingueries : « Sex Man », où il joue les érotomanes sur le thème de « Batman », « Kissinger et le Duc Tho », qu’il répète en boucle sur fond de sirènes, « On n’est plus chez nous », entre scat et électro à la Soft Cell, « Rock star » où il parodie Johnny, « J’aime tes g’noux », reprise groovy de « Shame On You » devenue un tube en 1975. Et, enfin, les très critiques « Le temps des cons » et « On l’a dans l’baba », avec sa voix passée au vocoder.
« Quel cauchemar de choisir parmi les 150 morceaux de cette époque, avoue Guido Cesarsky. On a pris le contre-pied des morceaux rigolos des faces A en sortant les faces B. Mais vu le succès de ce disque, on espère en sortir d’autres et, qui sait, trouver des pépites cachées chez Salvador. »
LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5
«Homme Studio» de Henri Salvador, Born Bad Records, 12,99 euros (le CD) et 21,99 euros (le vinyle).
