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A Sceaux, la première boutique de La Ruche qui dit oui fait le plein

« Pour arriver jusqu’à vous, les produits de cette boutique ont parcouru en moyenne 175 km ». Consommer local étant le leitmotiv de la Ruche qui dit oui, cette indication évolutive en fonction des arrivages est inscrite sur la devanture jaune de la rue Houdan, à Sceaux. C’est là que l’entreprise fondée en 2011 près de Toulouse (Haute-Garonne), a décidé d’ouvrir sa toute première boutique.

Jusque-là, les quelque 700 ruches implantées sur le territoire national et travaillant avec près de 5 000 producteurs au total, fonctionnaient exclusivement avec des commandes sur internet, livrées un jour fixe de la semaine dans une salle de spectacle, une école, une gare ou même un hôtel. Un système qui implique de passer commande plusieurs jours à l’avance et d’aller retirer ses produits dans un créneau parfois réduit d’une à deux heures.

Les valeurs de la Ruche qui dit sont affichées sur le mur de la boutique. LP/A.-S.D. 

De quoi freiner certains clients potentiels, pourtant adeptes du bio et des circuits courts. D’où l’idée de proposer une boutique qui, elle, est ouverte 7 jours sur 7. Et qui vend, comme sur internet, des fruits et légumes, des produits laitiers, de la viande, des produits d’épicerie. Avec toujours le même concept : c’est le producteur qui fixe les prix et qui empoche 80 % de la vente.

« Nous avons tout de suite eu un très bon accueil, parce que la Ruche est déjà bien connue et qu’il y avait une véritable attente, explique Camille, la responsable adjointe de la boutique de Sceaux. Nous avons ici une clientèle plus âgée, qui utilise moins internet mais qui veut consommer local ».

Les clients viennent parfois de loin, comme Patrick et Claudine, la soixantaine, qui habitent Paris XVIe. « C’est la quatrième fois que nous venons, cela fait désormais partie de la balade à Sceaux », explique le Parisien qui a acheté de la charcuterie et des oranges bio. « Nous avons l’habitude d’aller à la rencontre des producteurs franciliens et de faire nos courses chez eux, poursuit Patrick. Là c’est l’occasion d’en découvrir de nouveaux et d’aller les voir ensuite ».

Les produits vendu dans la boutique sont produits à moins de 200 km de Sceaux. LP/A.-S.D. 

Pour Anne-Cécile, scéenne de 38 ans, la boutique est un « argument de liberté ». « Je n’étais pas cliente de la Ruche car ce n’est pas toujours simple de prévoir sa commande et d’être ensuite disponible au moment de la livraison, explique la jeune femme. Pourtant je suis sensible à la provenance locale des produits et à l’éthique chez les producteurs ».

Un avis partagé par Clarisse et Hugo, couple de jeunes parents parisiens « venus passer un week-end au vert ». « Pour nous qui sommes adeptes du bio et des circuits courts, la Ruche est une valeur sûre. Quand on est citadin, c’est plus simple d’aller dans une boutique en fonction de ses besoins », souligne Clarisse.

Dans la boutique qui ne désemplit pas en ce samedi, Camille prend le temps de conseiller les clients. « Nous avons tous été formés, souligne-t-elle. On connaît bien les produits puisqu’on va régulièrement voir les producteurs ». Ce lien essentiel fait partie des fondamentaux de la Ruche qui a obtenu pour la deuxième fois, en janvier 2020, l’agrément « entreprise d’économie sociale et solidaire ».

Le succès de la boutique de Sceaux conforte aujourd’hui l’entreprise dans sa nouvelle stratégie de développement puisque la Ruche prévoit d’ouvrir cinq autres adresses en Ile-de-France d’ici la fin de l’année. À commencer par Bois-Colombes, rue des Bourguignons, mais aussi Vincennes (Val-de-Marne) dans une rue perpendiculaire à la rue du Midi.

Un choix d’artères très passantes, avec de nombreux commerces de bouche. « Nous cherchons des emplacements avec un fort trafic avec pour objectif de s’inscrire dans un parcours de courses alimentaires de centre-ville, explique Madeleine de Lisle, responsable développement retail de la Ruche. Nous sommes une épicerie de produits locaux avec quelques références de viandes et de fromages mais nous n’avons absolument pas vocation à remplacer un boucher ou un fromager, nous sommes complémentaires ».