Changer de région : mode d’emploi

Plus qu’un changement d’adresse, un changement de vie… C’est le constat dressé, non sans humour, dans le livre « Quitter la (grande) ville » (à paraître le 2 juin chez Albin Michel), par le couple de journalistes Sophie Coignard et Michel Floquet.

Dossier spécial mobilité professionnelle

  1. Les Franciliens ont la bougeotte !
  2. Changer de région : voici les secteurs et territoires qui recrutent
  3. Changer de région : ces pros déménagent les entreprises et les salariés de A à Z
  4. Changer de région : le télétravail élargit le périmètre des recrutements
  5. Carnac, Aix, Montpellier… témoignages de ceux qui ont sauté le pas
  6. Mobilité professionnelle : mode d’emploi ! Préparation et organisation
  7. Changer de région : l’opération séduction des territoires
  8. Changer de région : « L’effet TGV » accélère l’installation en province
  9. Changer de boulot et de région : « Impliquez votre famille dans le déménagement »
  10. Changer de région : où se renseigner sur la qualité du réseau Internet ?

Il y a vingt ans, ils sont partis à la campagne dans le Perche, avec leurs quatre enfants, tout en continuant à travailler à Paris. A l’heure de « l’exode rural à l’envers » provoqué par la crise sanitaire depuis plus d’un an, ces pionniers sont rejoints par les « confinés libérés », surnommés les « accourus », constatant que « le parc naturel du Perche est, avec l’île de Ré, l’une des zones du territoire français qui a accueilli le plus de réfugiés épidémiques ».

Avec ces derniers, ils partagent histoire personnelle et interrogations existentielles à travers « le récit d’une aventure individuelle et collective ». Tout en apportant de précieux conseils, un mode d’emploi pour les candidats au départ, au fil des chapitres intitulés « se méfier du coup de foudre », « les bons contacts », « comment faire aimer la campagne à ses enfants » ou « comment obtenir sa naturalisation ? ».

Ils reconnaissent « dix ans de fantasmes avant de passer à l’acte », alors que les nouveaux venus se sont souvent décidés beaucoup plus rapidement, compte tenu du contexte exceptionnel.



Après avoir fait le grand saut, les auteurs préviennent que « réussir l’atterrissage demande de s’adapter, d’acquérir de nouvelles compétences. » Mais en aucun cas ils ne regrettent et ils louent, chaque jour, un environnement sans embouteillages ni loyers délirants, avec des services publics qui ont un nom et un visage, si bien « qu’une démarche à la Sécu deviendrait presque un plaisir. »

Cet ouvrage soulève en tout cas les bonnes questions et raconte des situations qui se produisent n’importe où ailleurs en de pareilles circonstances. A tel point qu’un véritable marché s’est créé pour accompagner les « relocalisations » des individus, des familles ou des entreprises.

Souvent, les fondateurs de ces sociétés de services ont eux-mêmes franchi le pas. Leurs retours d’expérience s’avèrent bien utiles pour mener à bien son projet…

Paris je te quitte

Ce « site de conseils et bons plans pour un nouveau départ en province » est né du « rêve d’une vie plus paisible », hors de la capitale, qu’ont eu les deux cofondatrices, originaires du sud-ouest et montées à Paris.

Aurélie de Cooman et Kelly Simon ont d’abord tenu un blog, en 2015, pour répondre aux questions des Franciliens en quête d’une meilleure qualité de vie. Puis elles ont étoffé leur initiative et lancé, début 2017, une plateforme numérique de services d’accompagnement qui s’adresse toujours à ce public, mais aussi aux collectivités territoriales voulant booster leur attractivité et leur dynamisme, en faisant venir de nouveaux arrivants.

Elles proposent ainsi une aide gratuite pour quitter Paris, avec des conseils envoyés chaque vendredi, pendant deux mois. Grâce à une organisation claire du site web, on peut avancer pas à pas, via des passages obligés : « mûrir sa décision », « choisir une ville », « rechercher un emploi »… Il est d’ailleurs possible de déposer son CV sur le site.

Etapes suivantes, « trouver un logement », « organiser le déménagement ». Et, finalement, « s’installer dans la nouvelle ville », avec des bons plans partagés et un forum sur lequel on peut questionner les « néohabitants », voire organiser des rencontres avec eux.

Un programme personnalisé est également possible avec plusieurs formules payantes, de 90 à 890 euros. Une offre très riche, avec un agenda pour s’inscrire à des job datings, des salons du travail et de la mobilité ou encore des week-ends découverte… Pour allier l’utile et l’agréable !

Renseignements sur paris-jetequitte.com.

Comm’une opportunité

Ce site de rencontres des porteurs de projet avec les collectivités territoriales a été imaginé par Julie Levêque pour rapprocher les initiatives entrepreneuriales et les besoins des localités en région.

La chargée de communication a elle-même quitté Paris pour la Vendée, avec son mari, en 2018. Et lancé « Comm’une opportunité » début 2019, pour faire le lien entre les particuliers ou dirigeants de TPE, voire de PME, et les territoires qui veulent les accueillir : des villages qui cherchent un boucher ou un boulanger, des grandes villes qui souhaitent accueillir des start-up ou des franchises, etc.

Tous les secteurs d’activité sont visés, et particulièrement les commerces et services de proximité : hôtellerie-restauration, métiers de bouches, professionnels de santé, salons de coiffure ou d’esthétique, etc.

« Les inscrits sont souvent des 25-35 ans qui veulent fonder une famille au bon endroit, observe Julie. Ou bien, à l’opposé, des personnes en fin de carrière professionnelle qui ont un projet très précis. »

Cette aide à la décision et à l’implantation est gratuite pour les porteurs de projet (plus de 900 actuellement) et la plateforme de mise en relation est référencée par Pôle emploi dans le cadre du soutien à la création d’entreprise. Ce sont les collectivités territoriales (environ 630) qui paient une cotisation annuelle afin d’être référencées dans cette vitrine virtuelle.

« Toutes ces rencontres font sens, participent à la revitalisation des centres-villes et cœurs de villages, permettent de préserver le tissu économique et social grâce au maintien d’activités. » C’est pourquoi Julie et ses deux associés ne publient pas d’offres d’emploi d’entreprises, mais uniquement des annonces émanant des territoires en quête de talents.

Renseignements sur www.commune-opportunite.fr.

Zevillage

« Ensemble, repenser et transformer le travail » : telle est l’ambition de ce média spécialisé dans le télétravail, créé dès 2004 par Xavier de Mazenod. Lui-même a déménagé de région parisienne pour le département normand de l’Orne, il y a une bonne quinzaine d’années et s’implique aussi dans un écosystème pour entreprendre en milieu rural, l’Ecloserie numérique.

Fervent pratiquant et promoteur du télétravail, il donne les clés pour réussir, grâce à une boîte à outils pratiques et juridiques. Ainsi, le mini-MOOC sur le télétravail, cours en ligne d’environ deux heures, proposé en accès libre par Zevillage, détaille les bonnes pratiques pour bien s’organiser et savoir manager même par écrans interposés…

Parmi les règles élémentaires, l’aménagement adapté d’un espace de télétravail chez soi, les frontières clairement posées entre vies professionnelle et personnelle, l’attention portée au risque d’isolement, etc.

Outre ces conseils dispensés en vidéo, d’autres sont présentés à travers des articles aussi divers que « les postures de yoga pour soulager le mal de dos » ou « réussir une visioconférence ».

Car le site fourmille de podcasts et d’informations correspondant à l’actualité du télétravail et d’études sur l’avenir du travail. Comme celle de Cadremploi, mise en ligne par Zevillage fin avril et qui porte sur l’envie des cadres de quitter la région parisienne.

Un désir que Xavier de Mazenod a concrétisé bien avant la crise sanitaire. Depuis, il a su rester aux avant-postes pour guider une communauté grandissante de télétravailleurs qui ne sont plus contraints par des considérations géographiques.

Renseignements sur zevillage.net.

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