À l’avenir, il y a peu de chance qu’une personne cherchant le local de l’association des résidents des Hautes Bornes à Choisy-le-Roi explique ne pas le trouver. On ne la croirait de toute façon pas : on le voit comme le nez au milieu de la figure. Car ce nouveau local, c’est tout simplement un énorme conteneur au milieu du jardin partagé du quartier. Une boîte de 35 m2 pour le moment à l’état brut, mais qui va être repeinte et progressivement transformée pour devenir un « conteneur écologique ».
« Ca se trouve facilement sur Le Bon coin »
« Ça va être un vrai lieu de vie », annonce le président de l’association Alain Keyis. En quelques mois, l’association a réussi à décrocher plus de 11 000 euros de subventions pour développer ce projet, dont 7 300 euros de la région au titre de son budget participatif écologique, « un réservoir d’idées et d’actions pour améliorer la qualité de vie et contribuer à la relance verte et économique de l’Île-de-France ». Le conteneur s’est classé 8e sur 681 projets avec près de 500 votes en sa faveur. Il a aussi obtenu une enveloppe de 2000 euros de la fondation SNCF. Et il est arrivé en grande pompe au mois de mars depuis Bonneuil, où il avait été mis en vente par une entreprise.
« Ça se trouve facilement sur le Bon coin », assure Alain Keyis, que l’opération, assez vertigineuse, n’a pas effrayé. Face à un choix de plusieurs conteneurs, l’association a même choisi le plus imposant. Il faut dire que depuis sa création en 2016 ses adhérents, une cinquantaine aujourd’hui, n’ont jamais eu de local. Ils se débrouillaient comme ils pouvaient pour se réunir et stocker son matériel, « parfois même dans des parties communes », glisse Alain Keyis. Il est désormais bien rangé dans le conteneur qui a pris sa place au sein du jardin partagé de l’association créé il y a trois ans, un terrain de 700 m2 pour lequel elle a signé une convention avec la municipalité. On y trouve des arbres fruitiers, mais aussi des jardinières d’un mètre carré attendant d’être cultivées.
« Ce n’était pas le projet au départ (les jardinières, NDLR) mais ça nous est réclamé », explique le président de l’association. Ça, et le fait de pouvoir se réunir facilement au milieu de ce quartier tranquille et désormais verdoyant. L’association le fait déjà d’une manière informelle, comme lorsqu’elle a proposé des séances de ciné en plein air l’été dernier, ou des repas partagés.
Un point de vente de produits frais ?
Le conteneur doit devenir l’espace de rencontre. Pour transformer cette boîte en lieu de vie, l’association compte en premier lieu le repeindre, puis y ajouter une ouverture avec un volet roulant, installer une petite cuisine, une télé, des tables et des chaises, proposer des activités « do-it-yourself », pourquoi pas des ateliers autour de l’astronomie, la passion de son responsable.
Mais surtout, l’association compte en faire un lieu écologique qui produira sa propre électricité. Un aspect détaillé minutieusement dans sa candidature. Gouttières reliées à un récupérateur d’eau de pluie, panneaux solaires sur le toit, installation d’une éolienne, végétalisation des façades, création de bacs à plantes à ses pieds… Le programme qui s’annonce est vaste, et n’attend désormais plus que la réception des subventions pour être mis en œuvre. « On aimerait aussi proposer à des agriculteurs de venir vendre leurs produits ici, une fois par mois par exemple », imagine Alain Keyis.
Comme il l’a fait valoir auprès de la région, le conteneur a pour vocation de « pérenniser les activités déjà initiées dans le jardin partagé en permettant de proposer des activités l’hiver et d’assurer la continuité sociale », y compris par mauvais temps. Pourront en profiter les adhérents de l’association (dix euros par année), « mais quand nous sommes là on laisse le jardin ouvert et tout le monde peut entrer », assure Alain Keyis. En comptant large, en incluant notamment les enfants qui profitent de ces espaces, l’association représente une centaine d’usagers.
