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Paris : Fluctuart remet l’art urbain à flots…

En contrebas du pont des Invalides, la barge transparente a cet air faussement calme qui précède la tempête. Mais une joyeuse tempête, ou plutôt « Un feu d’artifice ! », ainsi que s’enthousiasme avec un peu de fébrilité Nicolas Laugero, directeur artistique et cofondateur de Fluctuart, le premier – et encore unique – centre d’art urbain flottant au monde, gratuit et ouvert à tous 7 jours sur 7.

Ce mercredi, comme la plupart des lieux de culture, les musées, les terrasses, Fluctuart rouvre avec triple dose de plaisir d’être à la fois un lieu de culture, un musée et non plus une, mais deux terrasses : le centre d’art urbain descend du pont de sa barge et investit 200 m2 du port du Gros Caillou, comme une annexe à ciel ouvert où les artistes seront exposés sur les tables, entre les tables, et même… la nuit, à partir du 9 juin, avec une projection continue d’œuvres de 80 artistes, sur 100 m de long, chaque soir dès la tombée de la nuit. Ce « mapping » XXL, sorte de fresque lumineuse orchestrée par l’atelier de scénographie Athem, viendra couronner l’exposition de réouverture entièrement féminine, de huit artistes de l’art urbain. Ce sont « les Amazones », une idée soufflée à l’oreille d’Agathae Montecinos, commissaire de l’exposition, en référence au peuple de femmes un peu guerrières, très libres aussi, et qui ici s’emparent d’un peu tous les supports, des tables transformées par la bellevilloise Hydrane Lo, jusqu’au conteneur faisant office de bar, enluminé par le style ultra-coloré de Kashink. Les œuvres grand format de 5 autres artistes feront le décor entre les tables de la terrasse.

Port du Gros-Caillou (VIIe), Hydrane Lo, l’une des 8 artistes de l’expostion de réouverture 100 % féminine, Les Amazones, transforme les plateaux des tables de la nouvelle terrasse. Elodie Soulié

Enfin à partir du 5 juin, l’artiste et designer Ërell investira à son tour le quai d’Orsay pour y créer une fresque monumentale sur plus de 40 m de long. « Tout le monde pourra le voir à l’œuvre, cela fait écho à l’envie que nous avions d’investir le quai pour que le public en profite au maximum, les visiteurs de Fluctuart et les passants, les promeneurs », sourit Eva Anslot.

Réveiller un lieu assoupi

Il fallait au moins cela pour sonner le réveil d’un lieu resté fermé mais pas vraiment endormi pendant plus de 7 mois. « On a beaucoup travaillé pour que cette réouverture soit un vrai festival, répète Nicolas Laugero. Ce lieu a été conçu pour être un lieu de vie, un endroit de partage avec les artistes, d’évasion pour le public, d’échanges, il reprend vie et nous avions envie de cette ivresse dans la programmation ».

Passé la réouverture événement, Fluctuart l’immobile compte bien perpétuer son foisonnement, avec notamment une rétrospective « monstre » de l’artiste portugais Vhils, à partir du 22 juin dans la cale de la barge. Et du 29 mai au 13 juin, le centre flottant accueille l’exposition du concours international d’art urbain Pébéo, qui réunit les œuvres de 36 artistes émergents. En parallèle, la librairie, les visites commentées, les ateliers, les médiations culturelles, toutes les activités reprendront au gré des allègements sanitaires. En attendant, les visiteurs qui souhaitent également profiter d’une table ou boire un verre sont invités à réserver à l’avance, histoire de rester dans les clous au chapitre des mesures barrière. Si la terrasse est désormais double et couvre 500 m2, entre le toit de la barge et le quai d’Orsay, pas question de se laisser submerger.

(*) 2, Port du Gros-Caillou (VIIe), au pied du Pont des Invalides, programmation et informations pratiques sur Fluctuart.fr

Port du Gros-Caillou (VIIe), La sculpture monumentale de Rero, qui vous accueille désormais à l’entrée du centre d’art urbain, suscite déjà l’étonnement des promeneurs du quai de Seine,. Elodie Soulié