La non-union de la gauche a déjà une victime : la France insoumise. Le parti de Jean-Luc Mélenchon renonce à présenter une liste en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), dans le cadre des régionales du mois prochain, faute d’alliance avec les autres partis de gauche et pour ne pas « ajouter au chaos qui se prépare ». Dans cette région, où le Républicain Renaud Muselier s’est allié avec La République en Marche, c’est le Rassemblement national qui mène.
« En dépit de toutes nos tentatives jusqu’à ce lundi 17 mai, dernier jour du dépôt des listes régionales, EELV, le PS et le PCF ont maintenu leur décision d’exclure la France Insoumise », écrit La France insoumise dans un communiqué publié lundi. Depuis plusieurs mois LFI œuvrait au sein du collectif « Il est temps » pour une union de la gauche et des collectifs citoyens. Mais EELV, le PS et le PCF partiront finalement seuls, sans LFI et sans les collectifs citoyens, sur une liste dite du Rassemblement écologique et social menée par l’écologiste Jean-Laurent Felizia.
« Face à pareille irresponsabilité, nous n’ajouterons pas au chaos qui se prépare. Conscients de la gravité du moment, nous décidons de ne pas ajouter une liste et une compétition de plus qui ajoute au désastre qui s’organise », a commenté LFI, précisant ne donner aucune consigne de vote. « La réalité est que nous n’étions pas d’accord avec LFI sur la tête de liste. Eux souhaitaient une tête de liste citoyenne et nous écologiste », a affirmé la porte-parole de la campagne Jean-Laurent Felizia, Nathalie Morand.
« Ambiance de tambouilles et d’accords cachés »
« La tête de liste EELV déclare envisager un ralliement à la liste de droite de Renaud Muselier », dénonce aussi LFI dans son communiqué. Et le parti d’ajouter : « Ainsi commence une confusion générale, démobilisatrice et ridicule pour les habitants de notre région. Cette ambiance de tambouilles et d’accords cachés facilite évidemment le travail du Rassemblement national. » « Une rumeur qui n’a pas lieu d’être », a répondu Nathalie Morand, assurant qu’« à aucun moment » les candidats de cette liste « ne considér (aient) Renaud Muselier comme un allié politique ».
Face à la liste de gauche, le président LR sortant de la région a finalement monté une liste comprenant 15 candidats issus de la majorité présidentielle, qui ne présente pas de candidats, malgré les tensions que ce rapprochement a suscitées au sein de son parti. Le candidat du Rassemblement national Thierry Mariani, ancien ministre sarkozyste, est quant à lui donné en tête au premier et au second tour en cas de triangulaire dans deux récents sondages.
