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Rugby : la FFR autorise la participation des personnes trans-identitaires aux compétitions

Ce lundi a été choisi comme date symbolique pour la journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, célébrée dans 70 pays. C’est également ce jour qu’a choisi la Fédération française de rugby, première instance à le faire en France, pour communiquer sa différence en incluant les personnes transgenres dans les compétitions amateures. A l’encontre des recommandations soumises par World Rugby, la fédération internationale, en octobre 2020.

« Le rugby est un sport inclusif, de partage, sans distinction de sexe, de genre, d’origine, de religion, explique Serge Simon, le vice-président de la fédé. La FFR est intraitable contre toute forme de discrimination et œuvre au quotidien pour que chacun puisse exercer sans contrainte son libre arbitre dans le rugby. En effet, il est important de permettre à tous nos licenciés de pratiquer leur passion dans le respect des droits de chacun. »

À l’automne 2020, le groupe de travail de World Rugby a estimé dans un document scientifique que les femmes transgenres conservent des avantages physiques « significatifs » par rapport aux autres femmes, et qu’il y a probablement « 20 à 30 % de risques en plus » de blessure, lorsqu’une joueuse est plaquée par une femme transgenre ayant traversé la puberté masculine, et ce, malgré la prise d’un traitement pour réduire les hormones. Il a également estimé que les caractéristiques masculines de naissance entraînent un avantage physique et les hommes ayant traversé la puberté « sont plus forts de 25 à 50 %, plus puissants à 30 %, plus lourds à 40 % et environ 15 % plus rapides ».

«Une avancée unique et majeure»

De ce fait, World Rugby avait choisi de « ne pas recommander aux femmes transsexuelles de jouer au rugby de contact féminin pour des raisons de sécurité au niveau international où la taille, la force, la puissance et la vitesse sont autant d’éléments sensibles à la fois pour le risque et la performance. » En revanche, cette disposition ne devait pas « empêcher les fédérations nationales de faire preuve de flexibilité dans leur application des directives dans le rugby amateur. » Ce que la FFR a donc suivi.

« Cette inclusion dans les règlements de la FFR est une avancée unique et majeure qui, j’espère, sera suivie par d’autres fédérations, précise dans le communiqué Jean-Bernard Moles, président de la Commission anti-discriminations et égalité de traitement (CADET). La lutte pour extirper la communauté LGBT + de la secrétude est essentielle, mais désormais il faut la gagner. C’est ce que nous avons fait avec cette réglementation pour les trans-identitaires, mais nous allons continuer, sans relâche avec, dès la rentrée, une vaste campagne pour faire admettre à tous qu’une personne homosexuelle ne doit plus avoir à dissimuler son orientation sexuelle. L’intégration tant qu’il ou elle joue est l’objectif, la révélation une fois les crampons raccrochés est un aveu d’échec pour nos fédérations. »



Alexia Cérénys, qui a intégré le club béarnais de Lons en 2018, est la seule femme transgenre à évoluer au plus haut niveau féminin (Elite 1). Lorsqu’il y a quelques mois, Word Rugby a donné ses recommandations, la joueuse s’est renseignée auprès de la FFR : « J’ai commencé à avoir peur au niveau national, et à m’inquiéter de savoir si j’allais pouvoir continuer à jouer au rugby cette année, a raconté la jeune femme de 35 ans à France 3. Ils m’ont déjà rassurée et dit que cela ne concernait que le niveau international, qu’au niveau national je pouvais continuer à pratiquer le rugby, comme je le voulais et qu’eux étaient contre cette décision, discriminatoire et arbitraire. »

En Angleterre, les femmes transgenres pesant plus de 90 kilos ou mesurant plus de 1,70 m pourraient bientôt être soumises à une évaluation par un entraîneur, afin de déterminer si elles représentent un risque pour la sécurité des autres joueuses, a révélé le quotidien britannique The Guardian.

Ce week-end, la Ligue nationale de rugby (LNR) a fait apparaître une ligne arc-en-ciel sur certains terrains de Top 14 et de Pro D2, en plus des lignes de jeu, afin de faire « bouger les lignes », dans un sport où l’évolution des mentalités avance lentement. Les footballeurs de Ligue 1 et de Ligue 2 ont joué avec des maillots floqués de numéros colorés en arc-en-ciel, reprenant le drapeau arc-en-ciel, symbole du mouvement LGBT.