Leur appel a pris une résonance particulièrement dramatique le mardi 11 mai dernier avec la mort d’un cycliste, décédé après avoir été percuté par une voiture sur une route départementale, à Gonesse. Le comité du Val-d’Oise de cyclotourisme (Codep 95) a en effet décidé d’interpeller les différents candidats aux élections départementales des 20 et 27 juin prochains, avec une lettre ouverte intitulée « le vélo est bien de retour ! Contribuons à lui donner la place qu’il mérite ! ». Fort de ses 1 300 licenciés, mais également des nombreux participants aux différentes randonnées organisées par ses clubs, le Codep 95 demande aux futurs élus de s’engager sur onze points.
Ils réclament des «conditions de circulation plus sûres»
Parmi ceux-ci : résorber les points noirs signalés de franchissement des carrefours complexes et dangereux, réparer rapidement les dégradations des revêtements des voies départementales ainsi que celles des aménagements cyclables, mais également sécuriser et développer les itinéraires d’accès aux collèges, ou encore contribuer plus fortement aux actions de sensibilisation et de promotion du vélo. L’institution qui se veut « lanceur d’alerte » vise aussi bien « les déplacements du quotidien que ceux à caractères sportifs et de loisirs », selon l’organisme, qui a ciblé des points particulièrement dangereux. Citons par exemple le pont entre Auvers-sur-Oise et Méry-sur-Oise, sur la D928, avec un accès problématique sur la piste cyclable, ou encore autour du passage à niveau de la gare de L’Isle-Adam – Parmain.
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« Nous demandons des conditions de circulation beaucoup plus sûres, explique Francis Poupel, délégué sécurité du Codep 95. Sur une sortie de 60 km, je rencontre en moyenne une à deux situations de risque. Il y a un partage de la route qui devient de plus en plus difficile, et nous sommes de plus en plus exposés. » Pour le cycliste, le conseil départemental a « un rôle pivot dans le développement des aménagements cyclables », que ce soit sur « ses » routes départementales ou par les subventions aux communes. Saluant le plan vélo adopté par la collectivité en décembre 2019, il veut maintenant aller plus loin. « Il a le mérite d’exister, mais maintenant l’un des objectifs est de les pousser et de relancer le jeu, souffle le bénévole. C’est un bon début, mais il faut l’améliorer. Le conseil départemental a beaucoup de cartes en main. »
La nécessité de former les nouveaux usagers
Cet habitant du Vexin a vu depuis des années « une évolution des comportements et une augmentation du nombre des voitures », alors que « l’espace circulable s’est réduit ». « L’objectif, ce n’est pas d’opposer les automobilistes et les cyclistes, glisse-t-il. C’est une vue d’ensemble. » Et il est bien placé pour témoigner. Il y a deux ans, il a ainsi fini dans le bas-côté entre Marines et Bréançon, après qu’un automobiliste a pilé devant lui après l’avoir doublé. En 2019, au Perchay, il a surtout vu l’un de ses compagnons de route se faire percuter par un poids lourd qui venait de griller un stop. Un accident qui a valu ce dernier un mois de coma et sept mois d’hospitalisation.
Le Codep 95, qui promeut comme d’autres fédérations le dispositif d’initiation « savoir rouler à vélo », veut également inciter le département à mener des actions de formation et d’information pour les nouveaux usagers. « Depuis deux ans, je croise sur la route des gens que je ne voyais pas avant, souffle Francis Poupel. Il y a toute une population qui n’est pas aguerrie. Mais parfois, ils font n’importe quoi. »
Au cours de l’année 2020, trois des vingt-quatre personnes ayant perdu la vie sur les routes du Val-d’Oise étaient des cyclistes.
