«Je quitte le Stade Français pour mon premier amour», confie Pascal Papé, futur directeur sportif de Bourgoin
Un retour aux sources et un nouveau départ. Pascal Papé, l’ancien deuxième ligne et capitaine du XV de France, s’apprête à quitter le Stade Français où il dirigeait la formation et l’équipe Espoirs depuis quatre ans, pour devenir, à partir du 1er juillet, le directeur sportif de Bourgoin-Jallieu, club de l’Isère actuellement en Nationale (3e division) où il est passé professionnel. L’ancien international (65 sélections) de 40 ans est revenu sur les motivations qui l’ont conduit à prendre cette décision et à tourner la page à son aventure parisienne.
Qu’est-ce qui a guidé votre choix ?
PASCAL PAPÉ. C’est une décision mûrement réfléchie. Cela fait quatorze ans que je suis au Stade Français (NDLR : il a été champion de France en 2015 et a remporté le Challenge européen en 2017) et quatre ans à la formation du club. J’ai beaucoup appris. Je me suis formé. J’ai pu transmettre ma passion mais je voulais prendre un tournant dans ma carrière, en tant que dirigeant. Bourgoin, c’est ma première famille. C’est un club qui se structure, se développe. Le président Henri-Guillaume Gueydan fait un gros travail depuis quatre ans et je veux apporter ma pierre à l’édifice. Ce rôle de directeur sportif est transversal. C’est une mission qui me permettra de travailler avec toutes les composantes du club, pas seulement l’équipe pro.
C’est un retour aux sources…
C’est ma région et ça compte beaucoup pour moi. J’ai rejoint Bourgoin à 17 ans (NDLR : en provenance de Givors dans le Rhône), j’en suis parti à 26 ans. J’ai grandi en tant que jeune adulte là-bas. Ce club m’a donné l’oxygène dont j’avais besoin à cette période-là. J’ai toujours suivi son parcours après mon départ. J’ai été peiné par ses soucis financiers mais je suis rassuré depuis quatre ans et le travail remarquable qui y est mené. Bourgoin, c’est un club historique qui a toujours une énorme aura dans la région et au-delà.
Quels sont vos objectifs sportifs ?
Postuler à la ProD2 dans les deux ou trois ans qui viennent. Le sujet n’est pas aujourd’hui de retrouver le Top 14. Je vais travailler avec Sébastien Tillous-Borde (NDLR : le nouveau manager, ancien demi de mêlée du XV de France). On se connaît, on a joué ensemble sous le maillot bleu. Il a des convictions, du caractère. On va associer nos compétences. J’aime ça. Mon moteur, c’est le travail en équipe, les échanges, les discussions, les décisions aussi. J’étais déjà comme ça en tant que joueur. J’avais besoin de tout partager avec les autres. C’est pour ça que j’ai été capitaine.
Que retiendrez-vous de vos années au Stade Français ?
D’abord, je veux remercier Max Guazzini (NDLR : ancien président qui a fait renaître le club au milieu des années 1990) de m’avoir permis de vivre quatorze années incomparables. Le Stade Français, c’est un club différent des autres. Il n’y a pas une seule saison où l’on est tranquille ici. Mais au moins, je ne me suis jamais ennuyé. Ce sont les émotions qui nous font vivre et là on est servi. La fausse fusion, les ventes, les reprises… Cela n’arrête jamais.
Le club semble un peu plus calme en ce moment…
Oui, et il faut remercier Thomas Lombard pour cela. Avec lui et le docteur Wild, le club est entre de bonnes mains. Thomas a compris ma démarche et m’a donné la possibilité de partir. Je quitte le Stade Français pour mon premier amour mais j’ai l’esprit libre car il y a des gens hypercompétents dans les staffs des jeunes aux seniors.