Charlotte se porte comme un charme. La petite fille est née le 10 mai dernier à Aincourt, à la maison, dans la chambre d’amis, à 16h14. Elle était tellement pressée de venir au monde qu’elle n’a pas laissé le temps à ses parents de gagner l’hôpital de Mantes-la-Jolie (Yvelines) comme cela était prévu. Elle est venue au monde, entourée de son papa, pompier professionnel, et de ses collègues d’Aincourt, engagés par le Codis. Elle pèse 3, 745 kg mesure 51 cm et la maman et aux anges.
« Nous avons tout juste eu le temps d’installer la zone d’accouchement »
« Elle était prévue pour le 17… », confie Anne, la maman. Mais c’est avec une semaine d’avance que la petite Charlotte est arrivée, bien plus vite que prévu. « Vers 15 heures, j’ai ressenti des contractions légères. Je ne me suis pas inquiétée. J’ai pris un bain pour me détendre. J’ai pris un livre… » Mais les contractions s’amplifient très vite. La poche des eaux se rompt dans la baignoire. « Je ne peux plus bouger. Je sens que cela commence… Je dis à mon mari que je ne pense pas qu’on pourra aller à l’hôpital, qu’il faudra le faire à la maison… »
Cyril, 34 ans, pompier professionnel depuis huit ans, en poste à Persan et volontaire à Aincourt, fait aussitôt appel à ses collègues en installant son épouse dans la chambre la plus proche. Un équipage de la caserne d’Aincourt, qui se situe à 300 m du domicile, est mobilisé par la salle de commandement des pompiers. « Si ça se trouve, c’est chez Cyril… », se demande alors le lieutenant Equi, qui comprend vite que la naissance est imminente. « Quand on est arrivé, on entendait la maman depuis l’extérieur. Nous avons tout juste eu le temps d’installer la zone d’accouchement et la zone d’accueil du bébé, de mettre les gants. »
En 2020, 761 interventions pour des naissances
Dans la chambre d’ami, le papa accueille la petite Charlotte alors que le frère aîné de celle-ci, Arthur, âgé de 3 ans, participe pleinement à l’événement. « Il tenait le téléphone portable en haut-parleur pour le lien avec le Samu, confie le papa. C’est la première fois que je fais un accouchement de A à Z. Bizarrement, j’étais moins stressé que si je partais en intervention pour une femme que je ne connaissais pas. Je ressentais moins de pression. C’était serein », confie-t-il, indiquant être auparavant intervenu à trois reprises pour des accouchements comme pompier. « À chaque fois, la maman m’attendait avec le bébé dans ses bras. »
« C’était une ambiance vraiment sereine, confirme Anne, 31 ans. Ils se sont placés autour de moi, ils ont bien géré. Je n’avais qu’à pousser. Quand on réalise ensuite, on se dit que c’était un accouchement très agréable, en famille. » Ce qui n’est pas courant.
En 2020, dans le Val-d’Oise, les pompiers sont intervenus 761 fois pour un accouchement. Dix se sont produits à domicile, 8 dans le véhicule des pompiers. « J’en ai fait 3 en trente ans de carrière. Ce n’est pas tous les jours », prolonge le lieutenant Equi, qui était accompagné pour l’intervention par l’adjudant-chef Lepercq, le sapeur Vaugeois et l’infirmière Fiona Boudan.
