Cergy : des candidats au bac contraints d’aller passer leur examen à Paris

« Demander à des lycéens de passer 2h20 dans les transports pour aller passer un oral, c’est tout de même incohérent surtout en ce moment ! ». Comme d’autres parents d’élèves du Vexin, Nicolas ne décolère pas. Sa fille Zoé, scolarisée au lycée Galilée de Cergy a commencé à recevoir ses convocations pour les épreuves du bac. Le 3 juin prochain, son oral d’anglais est programmé dans un établissement du XVIe arrondissement de Paris. Tous les lycéens de Cergy, étudiant en section européenne anglais semblent être dans le même cas. « Non seulement le XVIe arrondissement ne se situe pas dans le même département, mais ce n’est même pas la même académie ! » s’étranglent les représentants de parents d’élèves de l’association AIPE. « 

« Certains vont avoir trois heures de transport »

Pour les examens du bac, les candidats planchent dans les établissements identifiés comme « centres d’examens », des lycées qui ne sont pas nécessairement ceux dans lesquels ils sont scolarisés, mais qui se situent en général sur le même territoire. De mémoire d’associations de parents d’élèves du département, une affectation aussi lointaine est une première. Au lycée Galilée, 55 élèves ont reçu cette convocation pour le 3 ou le 4 juin. D’autres classes de terminale du lycée Kastler à Cergy dépendent du même centre d’examen pour cet oral. « Le pire, c’est qu’un grand nombre de ces élèves habitent dans le Vexin », pointe l’AIPE. « Comment vont-ils faire quand ils sont convoqués à 8 heures du matin ? Il n’est même pas sûr qu’ils puissent prendre un bus suffisamment tôt. Certains vont avoir trois heures de transport. »



Alors que les établissements scolaires restent soumis à un protocole sanitaire très strict pour limiter la propagation du Covid-19, les familles soulignent en outre l’aberration que représente un tel trajet. « Je n’ai pas du tout envie que ma fille s’expose à autant de risques de contamination en prenant le bus, puis le RER puis le métro », confie Nicolas qui vit à Magny-en-Vexin. Sans parler du stress supplémentaire, la FCPE 95 pointe de son côté la question de « l’égalité des chances ». « Il semblerait qu’il n’y ait pas de réflexion sur comment se rendre à un examen qui plus est à 8h30 avec des difficultés de transport en commun », regrette Claire Guicher, représentante du syndicat. La FCPE se demande même s’il ne s’agit pas d’une erreur… « L’examen de l’euro espagnol est organisé au lycée Jules Vernes à Cergy le haut, celui de l’euro d’allemand sera à L’Isle-Adam. Pourquoi l’anglais serait-il à Paris ? »

Rien d’anormal dans cette affectation

Le service interacadémique des examens et concours, qui est en charge de l’organisation des examens, ne voit pourtant rien d’anormal dans cette situation. « Les candidats sont affectés dans leur très grande majorité dans leur académie, mais il arrive, tous les ans, que certains candidats soient convoqués hors de leur département, explique le service. Les raisons sont liées la plupart du temps aux charges d’examens des établissements qu’il faut prendre en compte avec les contraintes habituelles des établissements qui ont encore parfois des cours à assurer, la détermination des viviers d’enseignants correcteurs qu’il faut mobiliser sur des compétences spécifiques et bien sûr les contraintes de calendrier. Ces situations sont très peu nombreuses et concernent très souvent des évaluations spécifiques et sur des temps limités du point de vue calendaire. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *