Dans le Calvados, une cagnotte pour éviter à la vache de Chloé de finir à l’abattoir

Chloé a visité la maison de retraite idéale ce jeudi 13 mai. Pas pour elle, qui n’a que 20 ans. Pas non plus pour un membre de sa famille. Mais pour une vache. « Elle sera en pension avec d’autres vaches chez un agriculteur près de Jurques », entre Vire et Caen, se satisfait la jeune femme, tout juste rentrée de ses concours d’entrées en école vétérinaire.

Et si elle se démène ainsi, c’est que la bête lui est chère et qu’elle n’a pas l’intention de lui laisser accomplir son funeste destin : l’abattoir. « Quand j’étais petite, j’avais une vache dans la ferme de mon oncle, à Coulonces (près de Vire). Quand elle est morte, de sa belle mort, il m’en a montré une autre, très gentille au sein du troupeau. Au début, la vache était méfiante. Mais au fil du temps, elle m’a fait confiance. ». Chloé avait alors 13 ans. Sept ans plus tard, la complicité entre les deux s’est affirmée : « Elle vient vers moi quand je passe la voir, elle me reconnaît et se laisse caresser ».



Une « amitié » que l’on observe plus souvent avec un chien ou un chat. Mais ces derniers ne sont pas voués à l’abattoir. La vache de Chloé, si. Sauf que l’étudiante avait toujours dit qu’elle rachèterait la vache le jour venu. L’échéance s’est soudainement rapprochée l’année dernière mais, en dépit d’un travail saisonnier, Chloé n’avait pas de quoi investir. « On parle de la racheter car c’est compliqué pour un agriculteur, dans une petite structure, de laisser partir une vache comme ça », précise-t-elle.

4500 euros sont nécessaires

C’est alors que ses parents lui ont soufflé l’idée d’une cagnotte en ligne. La quête a commencé au mois de février. Chloé a fait ses comptes : « 1200 euros pour racheter la vache, 30 euros par mois de pension, sur une dizaine d’années, 120 euros pour la taxe d’élevage annuelle et les frais de vétérinaire… Je situe les besoins à 4500-4600 euros ». Quelques semaines plus tard, le pari est en passe d’être gagné. « Je suis à 4300 euros. Je ne m’y attendais pas. Je suis tellement reconnaissante », dit celle qui précise agir sans considération idéologique sur la consommation de viande.

Son histoire a créé le buzz localement et déclenché un riche élan de solidarité. La vache devrait investir sa future demeure au mois de septembre. Sa future nouvelle propriétaire, accaparée par ses études, lui rendra visite pendant les vacances. « Je pense qu’elle préférera moins me voir mais ne pas finir en steak », rigole Chloé, ravie de réussir son coup. Elle et sa vache auront encore bien le temps de tailler la bavette ensemble.

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