Les forains en colère ont provoqué une belle pagaille mercredi 19 mai au matin, en bloquant la jonction de l’autoroute A71 et de l’A10 à Orléans (Loiret). Cette opération escargot menée par une trentaine de camions a paralysé la circulation jusqu’à la mi-journée afin de dénoncer l’interdiction des fêtes foraines avant le 9 juin.
À Orléans, elle devait débuter le vendredi 21 mai et se tenir jusqu’au 13 juin. Elle a été annulée. Pourquoi ne pas se contenter de la période du 9 au 13 juin ? « Monter des manèges pour quatre jours d’activité ne rimerait à rien. Certains d’entre eux nécessitent jusqu’à dix jours d’assemblage », dit un forain, qui craint de ne pas rentrer dans ses frais.
Un sentiment d’injustice
« Il y a un sentiment d’injustice parce que nos animations se tiennent en extérieur, comme les parcs ou les zoos, qui eux sont autorisés à rouvrir », témoigne Aurélien Villette, qui possède 6 grandes roues. Cette année encore, son manège ne tournera pas dans le ciel du Chapit’ô, le site de Fleury-les-Aubrais qui accueille les fêtes foraines depuis 2019.
Les forains ont bien demandé à pouvoir décaler l’événement à la fin de l’été. En vain. « Nous avons étudié différentes possibilités, mais le planning de déconfinement et les tournées des forains nous obligent à annuler. C’est la deuxième année blanche pour la fête foraine, comme pour la foire expo, et on ne prend pas ces décisions de gaîté de cœur », résume Olivier Rouet, directeur d’Orléans Convention, qui organise les foires et salons de la métropole.
Les forains craignent une nouvelle année difficile. « Nous avons travaillé en juillet-août 2020, puis plus rien. Il y a bien les aides, qui tombent depuis octobre. Mais nous sommes des entrepreneurs, personne n’a envie de vivre d’aides », dit Aurélien Villette, qui a réussi à monter 2 grandes roues pour l’instant. L’une est installée à Cabourg (Calvados), elle attend le feu vert du gouvernement. L’autre, à Anvers en Belgique, tourne déjà. « Nous savons gérer les allées et venues du public, les désinfections des cabines, nous l’avons fait l’été dernier », argumente-t-il.
