C’est une somme de 32 millions d’euros que l’Etat allouera à la Seine-Saint-Denis pour améliorer les conditions de vie dans les QPV, les quartiers prioritaires de la ville. Il s’agit de l’un des trois départements bénéficiant de la plus forte enveloppe budgétaire, au même niveau que le Nord et les Bouches-du-Rhône, comme l’a rappelé Nadia Hai, la ministre déléguée chargée de la Ville.
Celle-ci était en déplacement à Clichy-sous-Bois ce jeudi afin de présenter les détails de cette opération financière. « Il y a des talents et des solutions ici en Seine-Saint-Denis, notre rôle sera de les accompagner », déclare-t-elle. L’objectif de ces mesures vise notamment à améliorer la proximité des services publics au sein des quartiers dits sensibles.
« Chacun de nos concitoyens doit pouvoir trouver tous les services publics au plus près de chez lui » explique la ministre, venue justement à Clichy pour inaugurer un bus France services, une innovation dont le but est de pouvoir relier plus facilement la population à des guichets uniques donnant accès dans un seul et même lieu aux principaux organismes des services publics : CAF, assurance maladie, la Poste…
« Nous nous devons de lutter contre les ruptures de droit qui mènent directement à la précarité », poursuit-elle. Ces mesures spécifiques à la Seine-Saint-Denis mettent également l’accent sur la nécessité de redynamiser l’éducation dans les quartiers. Une priorité caractérisée par l’ouverture de trois nouvelles Cités éducatives à Saint-Denis, Épinay-sur-Seine et Pantin.
Ces dispositifs consistent à renforcer les liens entre les différents acteurs de l’éducation investis dans un même territoire : services de l’Etat, des collectivités, associations… « Il faut impérativement les mettre tous autour de la table, notamment pour éviter les décrochages scolaires, plaide la ministre. Cela permettra de favoriser les parcours d’excellence qui doivent exister au sein des banlieues. »
« Ces nouveaux dispositifs de l’Etat fonctionnent, ils ont fait leurs preuves »
La prévention et la régulation de la délinquance dans les quartiers prioritaires de la ville restent d’actualité. Le déploiement en Seine-Saint-Denis de 70 éducateurs spécialisés et médiateurs sociaux est ainsi annoncé. « Nous mettons en place une nouvelle manière de voir les quartiers, précise Nadia Hai. On doit faire des quartiers des endroits où l’on souhaite vivre, réussir. »
Cet objectif est celui du nouveau label Quartier productif, accordé au territoire Est Ensemble. Son but est axé sur l’émergence et l’accélération de projets centrés sur quatre priorités : le soutien à l’entrepreneuriat, le développement du commerce et de l’artisanat, l’implantation d’activités productives et la transition numérique.
Sur le même modèle que les Cités éducatives, les Cités de l’emploi ont pour but de stimuler l’économie et l’emploi en banlieue en coordonnant l’action des entreprises, des collectivités locales et de Pôle emploi. Six dispositifs de ce type sont en projet, sur les territoires de Plaine Commune et de Grand Paris Grand Est.
« Il y a un énorme dispositif autour de l’emploi en France, mais le problème c’est que ces mesures n’arrivent pas jusque dans les quartiers », poursuit la ministre de la Ville.
Nadia Hai rappelle que ces mesures ne sont pas de simples paris sur l’avenir, mais bel et bien des innovations qui ont déjà porté leurs fruits dans les banlieues françaises. « À titre d’exemple, il y a déjà 80 Cités éducatives et 24 Cités de l’emploi sur le territoire national, précise-t-elle. Aujourd’hui, nous mettons en place des moyens massifs en Seine-Saint-Denis. Et ces nouveaux dispositifs de l’Etat fonctionnent, ils ont fait leurs preuves. »
