« Par son architecture, sa végétation et ses enjeux d’accessibilité, ce pont est complètement atypique. L’approche des JO aurait été bénéfique pour nous seulement si elle avait bonifié L’Ile-Saint-Denis, et ce sera le cas », a assuré Mohamed Gnabaly, le maire de la commune, jeudi soir, lors d’une visioconférence organisée par le conseil départemental de Seine-Saint-Denis sur le projet de pont dit « zéro voiture » . Elus locaux, responsables du projet et riverains ont assisté à cette réunion.
Elle fut l’occasion de présenter et de débattre des modalités de la construction de cette passerelle, qui reliera deux parties du futur village olympique. Les travaux préparatoires ont déjà commencé entre Saint-Denis et L’Ile-Saint-Denis. Le chantier doit véritablement débuter le mois prochain pour s’achever vers mai 2023, à un an des Jeux Olympiques de Paris.
Les voitures bannies
« Comme j’aime bien le dire, un pont, on en fait un que tous les cent ans ! Et je suis très content que celui-ci arrive », s’est réjoui Mohamed Gnabaly, rappelant que le projet, entamé en 2016, était déjà « dans les têtes depuis vingt ans ».
Ce pont assurera une jonction « très rapide » avec la ville voisine de Saint-Denis et la future gare du Grand Paris Express. Il sera exclusivement réservé aux piétons, vélos et bus. Car l’objectif affiché est également d’en faire « un lieu convivial, disposant de bancs publics et de nombreuses végétations », a détaillé Flavien Siron, chef de projet de l’ouvrage de franchissement du village olympique et des espaces publics.
Cette passerelle sera donc complètement fermée aux véhicules motorisés personnels : voitures, motos, scooters…. « Cette décision rejoint les choix de politique écologiste que nous priorisons en Seine-Saint-Denis », souligne Corinne Valls, vice-présidente (DVG) du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, précisant que la réduction drastique des véhicules polluants est une nécessité absolue. « Notre ambition, c’est de desservir correctement L’Ile-Saint-Denis, sans devenir une zone de trafic automobile », abonde Mohamed Gnabaly.
Des débats sur les vélos moteurs et les platanes
Par chats Internet interposés, certains habitants de la ville ont fait part de leur doute sur la question et manifesté leur hostilité vis-à-vis du projet, craignant notamment que des motards contournent les restrictions en empruntant impunément la piste cyclable, en l’absence de mesures de vérification d’accès au pont.
« Il n’existe pas de moyen physique de bloquer l’accès aux deux roues motrices sans fermer l’accès aux vélos », a reconnu Flavien Siron. Un recours à la vidéo-verbalisation a été suggéré pour veiller au respect des règles d’usage de la passerelle.
D’autres riverains sont revenus sur la nécessité controversée d’abattre dix platanes pour entamer les travaux. « Combien de dizaines d’années sont nécessaires pour rétablir les équilibres de la faune, la flore, les sols… », a ainsi déploré une Ilo-Dionysienne, alors que le conseil départemental a prévu de replanter une trentaine d’arbres à l’issue du chantier.
Dans l’ensemble, la majorité des riverains, qui ont assisté à cette réunion, ont cependant accueilli le projet avec satisfaction. « C’est une bonne nouvelle, a ainsi écrit une autre habitante de L’Ile-Saint-Denis pendant la conversation sur Internet. Si on peut aller à Pleyel à vélo sans manquer de se faire renverser, c’est super ! »
« Bien sûr qu’il y aura des difficultés pour gérer les contrevenants, écrit encore un participant. Mais on ne va pas s’empêcher d’offrir de nouveaux modes de déplacements à cause de quelques malfaisants, sinon on ne fait plus rien. Ne venez pas gâcher notre plaisir, ce pont, c’est super ! »
