Il venait juste de faire son entrée à Twickenham, dans l’antre du rugby anglais. On jouait la 61e minute de la bouillante et indécise finale de Coupe d’Europe entre Toulouse et La Rochelle ― finalement remportée par les Rouge et Noir ― quand Paul Boudehent, le 3e ligne des Maritimes, réalisait l’un de ses rêves et prenait la place de son partenaire Kevin Gourdon. Mais il était à peine entré en jeu que le rêve se transformait en cauchemar pour le jeune rochelais, 21 ans.
Quelques secondes seulement après son entrée en jeu, sur son premier ballon, à lutte aérienne avec Matthis Lebel pour la récupération d’un coup de pied de Kerr-Barlow sur les 40 m adverses, Boudehent est lourdement retombé au sol. S’il n’y a pas de faute de la part du Toulousain, le troisième ligne rochelais restait longtemps allongé sur la pelouse. La blessure à l’épaule semblait suffisamment sérieuse pour que le joueur soit évacué par une voiturette, remplacé par Thomas Lavault. À peine entamée, sa finale était déjà terminée. Ce coup du sort n’est pas le premier à frapper la famille Boudehent puisque Pierre, l’aîné de Paul, est un habitué des infirmeries et reste sur deux saisons quasi-blanches.
Cette blessure est un coup dur pour ses partenaires de La Rochelle, déjà réduits à 14 depuis la 28e minute, après l’expulsion du trois-quarts centre fidjien Levani Botia, coupable d’un geste dangereux sur Maxime Médard. Les Maritimes ne s’en relèveront pas. Malgré un beau baroud d’honneur dans les dernières minutes de la rencontre, ils n’arriveront pas à renverser le score. Au terme d’une finale longtemps indécise, les partenaires d’Antoine Dupont l’emportent (22-17). Onze après son dernier sacre, le Stade toulousain remporte son cinquième titre européen depuis la création de cette compétition après ceux de 1996, 2003, 2005 et 2010.
