Maisons-Alfort : ils se battent pour éviter que le bailleur social ne fasse flamber leurs loyers

Quand la nouvelle est arrivée dans leur boîte aux lettres par un courrier du bailleur, le ciel leur est tombé sur la tête. À Maisons-Alfort, les 227 familles locataires dans les résidences situées du 54 au 66, avenue de la Liberté vont voir leur logement social déconventionné par leur bailleur In’li à partir de juin 2022.

Concrètement, cela signifie que le montant du loyer augmentera progressivement afin de rattraper partiellement les prix du marché dans le quartier. Un vrai coup de massue pour ces habitants, qui ont manifesté leur désarroi samedi matin en défilant entre l’avenue de la Liberté et la mairie.

Arlette*, 87 ans, vit dans cette résidence depuis sa construction en 1961 : « J’habite un 68 m2 et je paye 390 euros de loyer ainsi que les charges, soit environ 650 euros par mois. Si ce montant augmente, cela grignotera mes économies et ma petite retraite, je n’aurai pas le choix. Et difficile d’aller ailleurs à mon âge. En plus, j’ai déjà cherché à changer de logement mais je suis si bien ici, à côté des trains et des bus pour moi qui vais à Paris très régulièrement. Je ne vais pas aller dans un coin perdu du Val-de-Marne avec un bus toutes les heures… »

Maisons-Alfort, le 22 mai 2021. Les logements concernés ont été construits en 1961 et abritent 227 familles. LP/Marine Legrand
Maisons-Alfort, le 22 mai 2021. Les logements concernés ont été construits en 1961 et abritent 227 familles. LP/Marine Legrand Marine Legrand

In’li, spécialisé dans le logement intermédiaire, se veut rassurant : le rattrapage des loyers ne commencera pas en 2022 mais à partir du renouvellement de bail suivant c’est-à-dire en 2028. Les augmentations « des loyers manifestement sous-évalués se feront par paliers annuels étalés sur une durée de six ans ».

Un ajustement à hauteur de 50 % par rapport au prix du marché

Et l’ajustement s’effectuera à hauteur de 50 % de la différence entre le loyer actuel et le prix du marché. Actuellement, il faut compter environ 1 200 euros pour un 60 m2 dans le secteur privé et dans ce quartier. À chacun de calculer ensuite avec le bailleur le loyer qui l’attend.

« Le problème est que certains ne pourront pas payer cette augmentation malgré tout. Et ceux qui refuseront se verront traînés devant le tribunal avec une menace d’expulsion », s’alarme Pascal, un militant syndical élu par le collectif de locataires pour les aider à organiser leur lutte.

Le maire s’oppose au projet

Le maire (LR) de Maisons-Alfort, Olivier Capitanio, s’oppose farouchement au projet d’In’li. Il a écrit au directeur général du bailleur ainsi qu’à la préfète du Val-de-Marne afin « que toutes les mesures soient engagées pour le renouvellement de la convention actuelle et pour qu’aucune révision de loyer (hors IRL) ne puisse être appliquée ».

Il a d’ailleurs reçu une délégation de locataires le 12 mai dernier pour les écouter et confirmer son opposition à ce déconventionnement. L’élu, qui compte 22,77 % de HLM sur sa ville, rappelle « le niveau de tension de l’offre locative sociale en périphérie parisienne associée à une demande en augmentation constante ».



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