Sceaux-Fontenay-Bagneux : les riverains du quartier Blagis pleurent leur bureau de Poste

Ils étaient une poignée d’élus et d’habitants des Blagis à se masser devant « leur » agence postale. Celle-ci doit définitivement fermer ses portes après l’été. De quoi faire souffler un vent de colère sur le quartier à la limite de Sceaux, Bagneux et Fontenay-aux-Roses.

« Le risque est que ce départ en entraîne d’autres, gronde Bernard Deljarrie, du Collectif citoyen de Sceaux. Après ce sera quoi ? Le LCL, des commerces ? » « On est un quartier populaire et excentré pour les trois communes, ajoute Ariane. S’il ferme, il faudra 45 minutes pour aller dans le centre. La Poste a aussi un vrai rôle social de proximité. »

C’est justement cette dimension sociale que les élus comptent mettre en avant pour sauver l’agence. « Si on arrive à être reconnu comme quartier à priorité sociétale, la Poste ne pourra pas fermer sans l’autorisation du maire. Nous avons cette carte à jouer », insiste Liliane Wietzerbien, conseillère municipale d’opposition (Sceaux en commun).

Une pétition en ligne

Jeudi soir, réunis en conseil municipal, les élus de Sceaux ont justement voté à l’unanimité un vœu en faveur du maintien de ce bureau. « Depuis des années, la Ville s’est opposée avec succès à cette fermeture, car elle considère qu’il est essentiel de maintenir une offre de service public de proximité et de qualité pour tous, dans tous les quartiers », indique le texte. Le conseil a également demandé au gouvernement d’intervenir pour obtenir du groupe La Poste « un moratoire de son programme de fermeture des bureaux de poste ».

Le collectif ainsi que des élus des villes voisines ont par ailleurs lancé une pétition en ligne réclamant le maintien de la Poste des Blagis. Le texte compte quelque 250 signataires.

« La fréquentation de ce bureau est en baisse de 20 % entre 2018 et 2020 justifie la direction de la Poste. Une diminution du même ordre est observée partout dans les Hauts-de-Seine. C’est ce qui motive notre plan de réorganisation. » A chaque fois, de Levallois à Malakoff en passant par Colombes, la fermeture de ces équipements suscite émoi et exaspération.

La Poste mise sur les commerçants et les agents communaux

Le groupe se veut malgré tout rassurant et ne compte pas abandonner ses clients sur le bord de la route. « Nous allons trouver une solution pour les habitants, poursuit ce responsable. On est actuellement en grande discussion avec la mairie pour établir quelle forme elle prendra. »

Deux pistes sont envisagées. Quand un bureau ferme, il est généralement remplacé par un relais Poste, installé chez un commerçant qui reçoit et stocke les colis ou par un bureau communal : il a les couleurs de la Poste, la configuration de la Poste mais est tenu par du personnel municipal comme dans le quartier Europe à Colombes.

Aujourd’hui à la Poste on ne précise pas combien d’agences ferment. On préfère pudiquement et diplomatiquement parler de « points de contact » plutôt que de bureaux ou d’agences. « Nous avons 124 points de contacts postaux dans les Hauts-de-Seine en 2021, que ça soit des bureaux de poste, des « La Poste agence communale » ou des « La Poste relais commerçants », indique le groupe. Depuis 2018 les points de contacts postaux ont augmenté car nous avons ouvert des points de contacts additionnels. »

Pas de quoi rassurer les habitants des Blagis. « De toute façon, balaye un homme aux cheveux poivre et sel, quand la Poste ferme, le reste suit et c’est tout le quartier qui décline. »

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