Les manèges ne tournent pas rond à Levallois (Hauts-de-Seine). Ils ne tournent même pas du tout, en raison d’une décision de la préfecture prise au dernier moment. Depuis vendredi, une dizaine de manèges occupent le parvis de l’hôtel de ville.
Il y a les couleurs chatoyantes, les centaines de mètres de structures compliquées, les voitures improbables et le mystérieux engin censé faire grimper le palpitant. Ne manquent que la barbe à papa et… le public faute d’autorisation préfectorale. La fête devait accueillir les premiers visiteurs ce samedi 22 mai. La préfecture en a décidé autrement. La fête ne pourra accueillir les bambins que le 9 juin.
Sur sa page Facebook, la maire (LR) Agnès Pottier-Dumas s’en explique. « Le préfet des Hauts-de-Seine m’a dans la foulée envoyé un courrier sympathique et chaleureux m’indiquant qu’il prendrait toutes les mesures nécessaires pour faire fermer la fête foraine de Levallois et qu’en ma qualité de Maire, la mise en danger de la vie d’autrui pourrait être retenue contre moi si les attractions ouvraient », écrit l’élue.
« Ils n’ont pas tenu parole… »
De quoi susciter incompréhension et déception. « Nous n’avions aucune information officielle, on a donc décidé d’organiser notre fête. En plus, ça va, ce sont quelques manèges. La fête de Levallois, ce n’est pas Disneyland. Tout était prêt et les annonces sur les dates d’ouverture de ces manifestations sont tombées mercredi ou jeudi, donc trop tard », plaide-t-on en mairie.
Et en ce week-end maussade, les réactions n’ont pas tardé à pleuvoir sur les réseaux sociaux. « La préfecture ajoute une couche à une situation déjà tellement difficile. Tout était fait dans les règles. Marre de voir nos enfants tristes de ces décisions absurdes », se plaint Sylvie. « Ils sont hors sol », tempête une autre Levalloisienne. « Le préfet des Hauts-de-Seine ne doit pas aimer Levallois LOL » grince quant à elle Dydy.
Le conseiller municipal d’opposition Lies Messatfa (Mouvement radical) concentre son tir sur la maire : « la date d’ouverture des fêtes foraines a été annoncée, il y a 2 semaines, pour le 9 juin », rappelle-t-il.
Pas question donc de voir un manège se mettre en branle avant deux semaines et demie. Un crève-coeur pour Agnès Pottier-Dumas et les exploitants d’animations. « Je remercie toutefois les forains qui acceptent de rester avec nous pour fêter le 9 juin, à Levallois, la reprise de leur activité », indique-t-elle sur les réseaux.
Sur place c’est la soupe à la grimace qui fait office de pain quotidien. La Petite Sirène, le manège de Bruno Proost reste les nageoires dans l’eau jusqu’au 9 juin. « On est arrivé le lundi 17. On ne comprend pas cette interdiction, déplore le représentant des forains de Levallois. On est évidemment surpris. On travaille en extérieur, avec une affluence réduite et on fait partie du monde de la culture. On nous avait promis une réouverture en même temps que les restos par exemple. Finalement, ils n’ont pas tenu parole… »
