Chez les Gasche-Luc, il y a d’autres priorités que de profiter de la réouverture des terrasses parisiennes la veille du Grand Steeple-Chase, ce dimanche après-midi (16h30). Monique et Robert ne quitteront leur domicile dans la Sarthe que ce dimanche pour prendre la direction d’Auteuil et aller supporter leur champion, Docteur de Ballon, le tenant du titre dont ils sont propriétaires. « On a des bêtes (sic) à soigner le matin, des chevaux et une cinquantaine de vaches limousines », détaille la volubile Monique, qui aura 86 ans le 12 juillet. « Je suis encore toute jeune », plaisante-t-elle.
D’ailleurs, elle et son mari, âgé de 85 ans, s’installeront dans leur berline allemande, l’un et l’autre se relaieront au volant, pour rejoindre la capitale en espérant assister au deuxième sacre de leur champion : « On aimerait bien. On sait qu’il peut être battu, mais c’est un gagneur qui tient la distance (6 000 m). Philippe (NDLR : Carberry, coentraîneur avec sa femme Louisa) y croit. Bertrand Lestrade (le jockey) lui aussi, sachant qu’il n’en revient pas de sa vitesse. »
Mais l’histoire est déjà belle pour ce couple de personnes âgées, qui se lève chaque jour aux aurores pour s’occuper de sa ferme, après s’être lancé dans l’élevage dans les années 1980. « Mon mari était boucher à Paris, rue Monsieur-Le-Prince. Moi, je tenais une charcuterie au même endroit. On avait une grosse affaire. Mes parents m’ont donné un terrain sur lequel on a fait construire notre maison, à Ballon, un canton de la Sarthe. J’ai hérité d’une ferme, et comme mon mari souhaitait avoir un cheval, on est revenus dans notre département d’origine », explique Monique.
« Docteur de Ballon a grandi dehors, il a été béni par la pluie »
Il y a d’abord eu Roi Fainéant mais « il ne valait rien, était usé, alors qu’on nous l’avait vendu comme étant un tout bon cheval ». Puis le couple a acheté une jument, Nile Palace, dont la progéniture a donné Docteur de Ballon. « Pourquoi ce nom ? On habite à Ballon, et comme j’allais souvent chez le docteur à une époque… Vous savez, j’ai eu une péritonite, un cancer du sein, été opérée des mains, des yeux… J’avais annoncé à mon médecin qu’un poulain venait de naître et que je l’appellerai : Docteur de Ballon. Il en rigole encore maintenant », précise Monique.
Le Docteur a rapporté au couple plus de 200 000 euros après son succès dans l’édition 2020 du Grand Steeple-Chase de Paris. « Il a grandi dehors, parmi les vaches, il a été béni par la pluie », sourit Monique dont la popularité, comme celle de son mari, pourrait être encore plus grande dans la Sarthe si leur champion venait à réaliser le doublé ce dimanche.
