Les Franciscaines, un écrin pour la culture sous toutes ses formes à Deauville
Dans le cloître des Franciscaines de Deauville, 14 265 tubes vous contemplent. Ils forment un lustre monumental qui marque les esprits dès les premiers pas dans l’ancien couvent (fin du XIXe siècle) des religieuses, qui vient d’entamer sa nouvelle histoire. Jeudi 13 mai, Deauville (Calvados) a inauguré « un lieu culturel unique, au concept innovant, dont la ville rêvait depuis longtemps », dit une responsable du site.
Les sœurs franciscaines devenues âgées ont déménagé vers un endroit plus confortable, laissant vacant leur couvent « fermé par un mur, qu’on ne voyait ni ne connaissait », glisse un visiteur. Près de trois ans après la pose de la première pierre, Les Franciscaines ont ouvert. Et la curiosité laisse place à l’émerveillement devant « quelque chose d’extraordinaire, dans l’air du temps et futuriste à la fois », selon Arielle et Francis, venus en famille.
Cinq univers thématiques
Autour du cloître désormais recouvert d’une verrière et du lustre, la Culture s’est invitée dans les anciens lieux de vie des religieuses. Une Culture protéiforme, qui peuple les 5 « univers » thématiques du site : Deauville, le cheval, l’art de vivre, la jeunesse et enfin, le spectacle et le cinéma. Partout, des livres, des films, de la musique, des photos, des jeux, et même des tableaux. Non des moindres : Claude Monet, Gustave Courbet ou encore Jean-Baptiste Corot. « On peut s’approcher si près des tableaux, ne craignez-vous pas pour les œuvres ? », s’inquiète Yvette. Les équipes veillent (discrètement) de près sur les peintures mais assument la proximité avec le public.
L’idée est claire : décloisonner, rendre la Culture accessible, et proposer un cadre agréable, voué à accueillir plus longuement les visiteurs. L’effet est immédiat sur Bernard : « Ça donne envie de s’installer et de prendre un livre. Nous allons revenir très souvent. L’aménagement est raffiné. » Dans l’univers Art de vivre, les usagers peuvent même se lover dans des… matelas. Ailleurs, de microsalles de cinéma offrent l’occasion de regarder un film en famille.
Au gré de la déambulation, sur de petites corniches, les visiteurs peuvent concocter leur propre exposition virtuelle, sur des écrans géants, en se promenant dans les collections des Franciscaines sur des plateformes tactiles. Plus de 100 000 documents sont numérisés, pour une balade interactive presque sans fin. La réouverture des musées lance un autre espace des Franciscaines : le musée André Hambourg. « La veuve de ce peintre a fait don à la ville de son œuvre ― 3600 pièces environ ― et de ses collections ― plus de 500 tableaux et autres d’artistes amis d’André Hambourg », nous précise-t-on.
Dernier pan majeur du lieu : la chapelle, transformée en salle de spectacle. « Les vitraux du XIXe siècle ont été rénovés, précise la responsable. L’acoustique des lieux et la lumière ont été retravaillées. Ici, nous pouvons accueillir des spectacles devant des gradins de 230 places rétractables, qui peuvent libérer l’espace pour des conférences par exemple. » La programmation est en cours. Mais déjà, les questions affluent sur les événements qui se joueront sur la scène.
« C’est vraiment fait pour tous les âges, soulignent encore Arielle et Francis. C’est idéal pour méditer, penser et rêver. Nous prendrons le pass pour en profiter pleinement. » Leurs enfants plussoient, relevant « le mélange des livres et des écrans, avec également un fab-lab ». Situé au dernier étage, cet atelier devrait donner des idées créatrices à pus d’un. Avec une cafétéria en plus (baptisée « réfectoire », comme au temps du couvent), Les Franciscaines semblent avoir tout pour plaire. L’architecte Alain Moatti tenait à créer un lieu dans lequel « on a envie de rester ». Au regard des yeux grands ouverts des premiers visiteurs, les fondations sont posées pour un pari réussi.