Comme le titre décroché à la dernière journée dimanche, les héros se sont fait attendre. Il a plu par intermittences sur Lille mais la pluie n’a pas suffi à doucher la liesse populaire.
Peu avant 17h30 ce lundi, les Lillois champions sont apparus, casquette rouge retournée pour certains, depuis l’étage supérieur d’un bus à impériale rouge. Simultanément, certains alimentaient leur compte en direct sur les réseaux sociaux, Timothée Weah notamment.
Une foule dense à dominante rouge attendait le défilé des joueurs dans une ambiance bon enfant sur l’esplanade du Champ de Mars, contrastant un peu avec la folie née de la célébration spontanée la veille sur la Grand’Place. Des supporters de tous âges étaient massés là. Des maillots, des masques, des écharpes et des drapeaux s’agitaient… Et puis, des chants et le slogan « On est les champions » était scandé à l’envi par des centaines de gorges.
Dans un brouillard de fumigènes rouge et blanc, Mike Maignan, le gardien de but, a brandi l’Hexagoal, tel un bouclier, à l’avant du véhicule, dans une scène évoquant immanquablement la célébration des Bleus champions du monde 2018, sur les Champs-Elysées à leur retour de Russie.
Au passage du bus, qui progressait au pas, la ferveur a gagné en intensité.
Après le boulevard de la Liberté, puis le tour du Parc Lebas, le convoi était attendu à la porte de Paris pour en finir à apothéose à la mairie. Trois petits kilomètres, une heure de défilé mais un moment scellé à jamais dans la mémoire des fans Lillois, petits et grands.
« Ca fait du bien à tout le monde, clairement »
« C’est indispensable d’être là, on doit les voir, dit un jeune garçon, venu avec sa maman, au micro de BFM. On n’a pas pu aller au stade. C’était moins bien parce qu’on n’a pas pu les soutenir complètement. C’était mieux parce qu’on pouvait bien voir tous les matchs… »
« Y a dix ans, c’était la folie, témoigne un jeune trentenaire, accompagné de quelques acolytes. Ca fait du bien à tout le monde, clairement. Depuis hier soir, on est chauds, on fait la fête. » « Cette communion a toujours existé, souligne Didier, un père de famille. On est au pays des ch’tis, il pleut mais on est tous là. C’est ça, le Nord… »
Sur les coups de 15 heures, la journée avait commencé par la remise officielle du trophée, l’Hexagoal, au domaine de Luchin, le centre d’entraînement à une vingtaine de kilomètres de Lille. Au centre de la cour d’honneur, un podium avait été dressé. Les enfants et le personnel du club avaient pris place tout autour, à bonne distance.
Puis, bras levés, Christophe Galtier est sorti le premier du bâtiment, escorté de son staff. L’entraîneur et ses adjoints ont chacun reçu leur réplique personnelle miniature de l’Hexagoal, des mains de leur président Olivier Létang, et les félicitations de Vincent Labrune, président de la Ligue, et de Martine Aubry, la maire de Lille. Après quoi, un par un, les joueurs se sont avancés, en maillot et short de footballeur, pour recevoir leur récompense. Enfin, honneur au capitaine, José Fonte a brandi l’Hexagoal, le vrai, le grand, au milieu de l’explosion de joie de tous ses coéquipiers.
