À quelques semaines des élections départementales et régionales, croiser des militants aux abords des marchés semblent normal, voire habituel. Mais pas à Nogent-sur-Marne. « La police municipale a empêché tout le monde de tracter, même les militants LR », n’en revient toujours pas ce lundi Celia Rives (PS), candidate de l’Union de la gauche aux départementales.
Ce week-end, dans les rues et notamment aux abords du marché, les militants n’ont eu d’autre choix que d’obéir aux injonctions de la police municipale. Et donc de lever le camp.
« La période de campagne officielle démarre le 31 mai, rétorque le cabinet du maire (LR) Jacques JP Martin. En attendant, il faut faire une demande en mairie qui sera immédiatement acceptée. »
Un arrêté qui date… de 2005
De quoi faire bondir à la fédération PS, alors que le scrutin des départementales s’annonce des plus serrés. « Les policiers municipaux nous ont ressorti un arrêté datant de 2005, interdisant le colportage ! Nous ne sommes pas des colporteurs », s’énerve Jonathan Kienzlen, le premier secrétaire fédéral du Parti socialiste.
« C’est la première campagne où je vois ce genre de choses », ajoute Annie Lahmer, conseillère régionale sortante Europe Écologie-les Verts, ancienne élue nogentaise. La tête de liste aux régionales tractait sans souci à Bry-sur-Marne, quand des sympathisants l’ont appelée. « Nous sommes revenus le dimanche, précise-t-elle. La police municipale est arrivée en nombre. Je ne vois pas pourquoi nous devrions demander l’autorisation. »
« Il n’y a eu ni verbalisation ni saisie de leurs tracts », argue le cabinet du maire, selon lequel la mairie « a prévenu tout le monde. » « C’est une atteinte scandaleuse à la liberté d’expression et à la démocratie », renchérit le patron du PS avant de s’interroger : « Quand Valérie Pécresse est venue voici plusieurs semaines, elle n’était pas en campagne ? » Le 1er mars dernier, la présidente (Libres !) de la région, candidate à sa réélection a arpenté les rues de la commune et avait fait une séance de dédicace de son livre. Valérie Pécresse s’est déclaré candidate en avril.
En attendant le début officiel de la campagne, certains s’interrogent sur les suites à donner à cette affaire. « Si cela continue ainsi, nous allons saisir le tribunal administratif », prévient Jonathan Kienzlen.
« Le maire doit être énervé que deux élus de sa majorité se présentent, l’un sur la liste LR et l’autre sur la liste LREM », avance Annie Lahmer pour essayer de comprendre cette situation inédite. L’entourage de Jacques JP Martin réplique: « Cela n’a rien à voir, le maire a toujours agi ainsi. »
