L’Etat, le conseil régional Centre-Val-de-Loire et deux coopératives agricoles, la Scael et Axereal, vont financer la rénovation de 33 km de voies ferrées entre la gare d’Orléans-Les Aubrais et Orgères-en-Beauce, en passant par la base aérienne de Bricy (Loiret).
Les travaux sont programmés pour la fin de l’année 2022, jusqu’en mars 2023. « Grâce au Plan de relance, cet investissement global de 7,55 millions d’euros évitera l’équivalent de 5000 camions par an sur les routes », estime Régine Engström, préfète du Loiret, qui rappelle que l’Etat veut favoriser le fret ferroviaire alors qu’il ne représente que 9% du transport de marchandises en France.
Aujourd’hui, les trains ne circulent pas par fortes chaleurs
Aujourd’hui, cette petite voie ferrée plonge au coeur des champs de céréales de la Beauce, au nord-ouest d’Orléans, qui font vivre environ 14000 agriculteurs. Or, elle est handicapée par son mauvais état : les trains ne circulent pas lors des fortes chaleurs par exemple. « Là, on va pouvoir garantir une vitesse minimale, et c’est favorable à l’export », dit Eric Brault, président de la coopérative Scael.
Grâce à cet embranchement sur la gare des Aubrais, les trains de fret peuvent ensuite se diriger vers le port de La Rochelle-La Palisse et vers celui de Rouen, les deux plus importantes plateformes pour l’export du blé français.
Cette rénovation implique la base aérienne d’Orléans Bricy, où sont stationnés les avions cargos A400M de l’Armée de l’air. Cette base est au coeur de l’opération Résilience pour aider les DOM-TOM et des pays partenaires dans la lutte contre le Covid. Cette ligne lui apporte une solution pour acheminer des matériels par le train.
Cet aménagement soulève aussi l’espoir d’une desserte de cette base, qui occupe plus de 2000 militaires et civils. Aujourd’hui, ils viennent soit en car, soit avec leurs véhicules personnels, en empruntant de toutes petites routes. Alors que la voie ferrée les met à une dizaine de minutes des gares d’Orléans.
Mais ce n’est qu’un voeu pieu : « Ces travaux ne permettent pas d’envisager le passage des trains de voyageurs, pour lesquels les normes fixées par la SNCF sont plus contraignantes. Ou alors il faut des trains plus légers, ce que nous demandons aux constructeurs », déplore Jean-Philippe Fournié, vice-président aux transports du conseil régional Centre-Val-de-Loire, qui espère que les nouvelles motorisations comme l’hydrogène apporteront des solutions.
