A Ecaquelon, pas si facile d’appliquer les règles sanitaires à la cantine

Penché sur son chariot de débarrassage et tenant fermement sa pince de service et sa panière à pain, Jean-François Dumesnil fait comme il peut pour assurer le service de midi. « C’était ça ou fermer la cantine scolaire, ou finir de donner à manger aux enfants à 15 heures », glisse le maire d’Ecaquelon, un village de l’Eure, près de Pont-Audemer, tout en maintenant en équilibre deux assiettes dans sa main droite. « De toute façon, les règles sanitaires qui changent, on commence à y être habitués. »

Parmi ces nouvelles règles en vigueur depuis fin janvier, il y a l’obligation dans les écoles primaires et maternelles de ne pas mélanger à une même table de la cantine les élèves de différents niveaux, afin d’éviter les brassages au moment où ils n’ont plus de masques. Mais les locaux et le nombre de personnels ne permettent pas toujours d’appliquer cette partie du protocole.

Jean-François Dumesnil et trois autres élus du village se sont tout de suite dit que la commune n’avait pas les moyens de recruter. Ils ont donc rejoint l’équipe de l’école maternelle et primaire où est inscrite une centaine d’élèves. Pour arriver à séparer toutes les classes, ils ont ensuite investi une salle communale où deux niveaux sont servis à tour de rôle, pendant que les autres services du midi continuent d’avoir lieu dans la cantine de l’école, avec le personnel en place.

Dans cette salle communale faisant office de cantine, ce sont les CP qui mangent chaque jour en premier. Une fois assis et leur masque anti-Covid (souvent doublés d’un masque de Mardi gras) baissé, ils se mettent à manger leurs plats de haricots et de poulet à la crème. Servir, nettoyer, débarrasser : les élus, eux, sont sur tous les fronts, y compris celui de la nutrition : « Es-tu bien certain de ne pas vouloir y goûter ? », propose l’un d’entre eux à un enfant qui fait la grimace.

«Monsieur le maire, encore des haricots !»

« Monsieur le maire, encore des haricots s’il-vous plaît ! », crie pour sa part un élève en bout de table. Le maire d’Ecaquelon redonne pain et eau à volonté : « On soulage le personnel et ça ne nous coûte rien puisqu’on est tous retraités ou sans emploi. A l’heure Covid, on doit s’entraider ».

Le service suivant débute à 13 heures, avec les CE1, qui attendent devant la salle. Pour les CP déjà rassasiés, direction la cour de récré où c’est encore le maire qui les encadre. Ils seront bientôt rejoints par les élèves plus jeunes ou plus âgés. S’il n’est plus question de déjeuner avec ses copains d’une autre classe, il est encore heureusement possible de courir et jouer avec eux…

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