La petite habitation de briques avec ses poubelles aux couvercles jaunes et verts semblent bien ordinaire. La plupart des passants ne le savent pas, mais cette bâtisse de Saint-Étienne-l’Allier (Eure) était autrefois le café-épicerie de Robert Leblanc, l’endroit même où le Normand mettra sur pied en 1942 son célèbre réseau de Résistance : le Maquis Surcouf.
Pour que ce lieu historique ne tombe pas dans l’oubli, de même que les autres sites emblématiques du réseau le plus actif de l’ancienne Haute Normandie, le circuit touristique « Sur les pas des maquisards », a été créé en 2012. Voulu par l’office de tourisme Vièvre-Lieuvin et la Communauté de communes Lieuvin-Pays d’Auge, il a été en partie imaginé par la compagnie euroise Le Théâtre des Trois Gros.
Et depuis la réouverture des offices de tourisme le 19 mai, les visiteurs peuvent de nouveau marcher dans les pas des près de 300 hommes de ce mouvement qui utilisa le bocage de la Vièvre, ses grottes, granges et fermes isolées, comme refuge et lieu de préparation d’actions de sabotage et de guérilla.
« Avant 2012, on avait rien à proposer sur cet extraordinaire réseau, alors que presque tous ses membres sont décédés aujourd’hui et que les visiteurs nous posent souvent des questions à ce sujet », explique Aurélie Mouchon, de l’office de tourisme de Saint-Georges-du-Vièvre. « Il fallait faire quelque chose pour que cette mémoire collective ne soit pas perdue ».
Une région qui cherche à attirer les visiteurs
En solo avec des tablettes prêtées gratuitement, ou en groupe avec un guide, cette histoire des combattants de l’ombre est racontée aux visiteurs en 11 étapes, dont celle de l’ancienne gendarmerie de Saint-Georges-du-Vièvre, où travaillaient quatre gendarmes membres du réseau, de l’ancienne ferme Lecoq, qui servit de quartier général au Maquis, et du Mont-Rôti, où les Allemands bâtirent un mirador et qui fut la cible des maquisards.
Le secteur géographique espère attirer ces touristes dont les habitudes ont changé depuis la crise du covid et qui se tournent notamment vers le tourisme vert et choisissent ce territoire rural comme principal lieu de villégiature.
« De nombreuses personnes ont également acheté des résidences secondaires ces derniers mois », révèle Aurélie Monlouis-Bréva, responsable communication, tourisme et développement économique à la Communauté de communes Lieuvin Pays d’Auge. « Certains télétravaillent. Et eux aussi veulent découvrir l’histoire du secteur où ils résident. Le circuit des maquisards nous permet d’avoir pour eux une offre de tourisme historique ».
Pour suivre le circuit en solo, rendez-vous à l’office de tourisme de Saint-Georges-du-Vièvre (Eure), où une tablette tactile vous sera prêtée contre une caution.
