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Rixes entre bandes : prévention, réponses pénales, comment police et justice travaillent ensemble

Dans la lutte contre les violences entre bandes, il n’existe pas une mais des réponses pénales. « Tout peut basculer en deux minutes, avec très souvent un élément déclencheur insignifiant, comme une histoire de fille, un mauvais regard, et les conséquences peuvent être limitées ou tragiques, détaille Laure Beccuau, la procureure de la République de Créteil (Val-de-Marne) qui surveille ces phénomènes de très près. Il faut une réponse pénale ferme et immédiate quels que soient les faits et aussi beaucoup de travail en amont. »

«Des peines alternatives pour les primo délinquants»

L’un des objectifs est d’arrêter les éventuels auteurs avant que les faits ne soient commis. En clair, quand la bande armée est mise hors d’état de nuire avant un affrontement. « Avec la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), nous avons mis en place des peines alternatives pour les primo délinquants », précise la procureure. Un mineur, interpellé une première fois, aura la possibilité de faire un stage avec des modules sur la citoyenneté, un rappel des lois, les conséquences de ces actes…

Un groupe local de traitement de la délinquance se réunit régulièrement

Depuis sa création en 2018, une trentaine de mineurs y ont participé. « Aucun ne s’est fait connaître d’un point de vue judiciaire », constate la procureure. Pour intercepter ces bandes avant les bagarres, un groupe local de traitement de la délinquance (GLTD) a été déployé dans le département et regroupe des policiers, des magistrats, dont deux parquetiers l’un chargé des mineurs, l’autre des majeurs, l’éducation nationale et la PJJ.



« On fait circuler les informations, on repère les profils, on mène des actions de prévention, explique Laure Beccuau. Nous avons affaire à des décrocheurs et aussi de bons élèves. » Ce groupe se réunit toutes les six semaines.

Deuxième département le plus impacté, après la Seine-Saint-Denis

En cas de faits plus graves, comme des coups de couteau qui entraînent des blessures importantes, la réponse pénale se durcit immédiatement. « S’ils ont plus de 16 ans, c’est bien souvent la détention mais cela peut-être un éloignement ou une interdiction de séjour en attendant les suites judiciaires, détaille la procureure. Il n’y a pas de rappel à la loi. »

Une réponse ferme indispensable car même si le phénomène des bandes n’a rien de nouveau, depuis 2019-2020, « le Val-de-Marne est le deuxième département le plus impacté après la Seine-Saint-Denis », rappelle la magistrate.