Sur la côte calvadosienne, le plaisir retrouvé des terrasses par pluie et par beau temps
Scène de la vie quotidienne sur la côte de Nacre. Une jolie éclaircie illumine la digue de Saint-Aubin-sur-Mer, très fréquentée en ce lundi de Pentecôte. Soudain, un nuage larmoyant s’invite à l’heure du déjeuner. Très vite, en terrasse, une famille s’active. Les capuches épousent les têtes, et l’on s’affaire pour sauver ce qui peut l’être. « La technique, c’est de mettre le set de table par-dessus le steak-frites pour le protéger de la pluie. Mais on mange quand même, ça a le même goût », explique une maman, au chevet du repas d’un jeune garçon.
Ainsi va la – bonne ou mauvaise — fortune des clients des bars et des restaurants sur la côte. Originaire de région parisienne, Louis se veut philosophe : « Ça met un peu d’eau dans le vin, ça permet de consommer un peu plus et de faire vivre l’économie ». Avec sa famille, ce touriste n’a pas échappé aux gouttes entre deux gorgées ou coups de fourchette. « On voit le nuage venir mais ça bouge très vite. L’averse dure cinq minutes. ». « C’est du temps normand », rit un proche, loin d’être rafraîchi par les aléas météorologiques.
Vivement le 9 juin quand même !
Ils ne sont pas les seuls. « Même s’il n’avait vraiment pas fait beau, on aurait eu du monde, pronostique Pascal Auvray, responsable de salle du Papagayo, restaurant en front de mer. Les clients sont « compréhensifs ». « En fait, ajoute-t-il, ils s’en fichent. Ils mettent la capuche et continuent à manger. » Un constat partagé quelques centaines de mètres plus loin par Jessica Hue, serveuse au Bain des mots : « On ne s’attendait pas à avoir autant de monde. On était en sous-effectif. Les gens jouent le jeu. Mais pour nous, c’est dur de jauger. Il faut être réactif ».
Selon les professionnels, jamais la clientèle n’avait bravé les éléments de la sorte. Attablé devant son café, Alain confirme : « Pour moi, il fait beaucoup trop froid. J’aurais été à l’intérieur si ça avait été autorisé. Mais bon, c’est la réouverture donc on veut en profiter ». La reprise compense l’instabilité du ciel. En cas de forte ondée, parapluie et parasols fleurissent. Les terrasses font de la résistance. Mais « il faudrait que la météo s’améliore pour qu’on puisse davantage s’organiser », espère Jessica Hue. Tenir bon, le nez au vent iodé, en attendant le 9 juin et la réouverture des salles.